Vincent Van Gogh Paris Palais des Lumières Photo VB
Vincent Van Gogh Paris Palais des Lumières©VB

VAN GOGH, LA NUIT ÉTOILÉE
Du 22 février au 5 janvier 2020
Atelier des Lumières

Une production Culturespaces, une création Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi – avec la collaboration musicale de Luca Longobardi.

La nouvelle exposition numérique de l’Atelier des Lumières propose une immersion dans les toiles de Vincent van Gogh (1853-1890), génie ignoré de son vivant, qui a bouleversé la peinture. Épousant la totalité de l’espace de l’Atelier, cette nouvelle création visuelle et sonore retrace la vie intense de l’artiste tourmenté qui peignit pendant les 10 dernières années de sa vie plus de 2000 tableaux, aujourd’hui dispersés à travers le monde. L’exposition parcourt l’immense production de Van Gogh, qui évolue radicalement au fil des ans, des Mangeurs de pommes de terre (1885), aux Tournesols (1888) en passant par la Nuit étoilée (1889) et à La Chambre à coucher (1889).

L’Atelier des Lumières révèle les coups de brosse expressifs et puissants du peintre hollandais et s’illumine aux couleurs audacieuses de ses toiles au style sans égal. Les nuances sombres succèdent aux teintes chaudes. L’exposition immersive évoque le monde intérieur à la fois démesuré, chaotique et poétique de Van Gogh et souligne un dialogue permanent entre l’ombre et la lumière. Le parcours thématique retrace les différentes étapes de la vie de l’artiste, ses séjours à Nuenen, Paris, Arles, ou encore Saint-Rémy-de-Provence et Auvers-sur-Oise. Le visiteur voyage au cœur des œuvres, de ses débuts et de sa maturité, de ses paysages ensoleillés et de ses nocturnes, à ses portraits et natures mortes.

La création visuelle et musicale produite par Culturespaces et réalisée par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, met en lumière cette richesse chromatique ainsi que la puissance du dessin et la force des empâtements de l’artiste. Cette déambulation dans les plus grands chefs-d’œuvre de Van Gogh, mis en mouvement grâce à l’équipement Culturespaces Digital®, donne à la couleur une puissance nouvelle.

Nouveauté 2019 : l’Atelier des Lumières présentera au sein de sa citerne un dispositif pédagogique complémentaire : 50 œuvres phares de Van Gogh seront visibles dans leur intégralité et chaque visiteur pourra découvrir leur nom, leur date de création et le musée dans lequel elles sont exposées. Des commentaires détaillés sur ces 50 œuvres seront mis à disposition sur une application mobile, téléchargeable gratuitement.

Vincent Van Gogh Paris Palais des Lumières Photo VB
Vincent Van Gogh Paris Palais des Lumières©VB

L’ATELIER DESLUMIÈRES

 Premier Centre d’Art Numérique à Paris, installé au sein d’une ancienne fonderie du XIXe siècle entièrement restaurée, l’Atelier des Lumières propose des expositions numériques qui immergent le visiteur dans l’univers pictural des grands noms de l’histoire de l’art. Depuis son ouverture en avril 2018 avec une exposition consacrée à Gustav Klimt, l’Atelier des Lumières est devenu un lieu incontournable au sein du paysage culturel de la capitale, mettant la révolution numérique au service de la création artistique.

Les visiteurs sont immergés dans l’image et la musique. Avec 140 vidéoprojecteurs et une sonorisation spatialisée, cet équipement multimédia épouse 3 300 m2 de surface, du sol au plafond, avec des murs s’élevant jusqu’à 10 mètres de haut. L’Atelier des Lumières propose également une expérience de visite dans le STUDIO qui accueille plusieurs créations d’artistes contemporains du digital.

VAN GOGH LA NUIT ÉTOILÉE UNE CRÉATION GIANFRANCO IANNUZZI RENATO GATTO – MASSIMILIANO SICCARDI

ENTRETIEN AVEC BRUNO MONNIER, PRÉSIDENT DE CULTURESPACES ET CRÉATEUR DE L’ATELIER DES LUMIÈRES

Comment définissez-vous l’Atelier des Lumières ?

L’Atelier des Lumières est un centre d’art numérique dédié aux expositions immersives. Nous proposons aux visiteurs une autre manière d’appréhender l’art grâce aux nouvelles technologies. Pour chaque projet, nous faisons appel à des artistes pour réaliser une création originale autour des grands noms de l’histoire de l’art. Dans le Studio, espace dédié à la création contemporaine, nous donnons carte blanche à des talents confirmés ou émergents.

Comment avez-vous choisi cette fonderie ?

Je souhaitais investir à Paris un lieu qui ait à la fois une histoire et une identité, c’est pourquoi nous avons choisi une ancienne fonderie au cœur du XIe arrondissement. C’est un quartier central à Paris qui accueillait autrefois beaucoup d’usines et d’ateliers et aujourd’hui, c’est toujours un quartier très vivant !

Après 2 ans de recherches, j’ai découvert cette fonderie de fer créée  par  la  famille  Plichon  en 1835 et restée en activité pendant 100 ans. L’Atelier des Lumières est donc, à l’instar des Carrières aux Baux-de-Provence, un lieu brut, qui a une histoire, une identité propre !

Pourquoi avez-vous créé les Carrières de Lumières puis l’Atelier des Lumières ?

En mêlant musique et plaisir esthétique, les expositions numériques immersives permettent de proposer une (re)découverte originale des grands noms de l’Histoire de l’art et des jeunes talents. Elles peuvent être une première approche ludique de l’art pictural et devenir un formidable point de départ pour appréhender les œuvres. C’est pourquoi nous avons voulu créer le tout premier centre d’art numérique de Paris. L’objectif ? Proposer   un modèle novateur, une expérience émotionnelle pour faire découvrir différemment les artistes classiques, modernes ou contemporains. Nous l’avions déjà constaté aux Carrières de Lumières qui accueillent depuis 2012 près de 600 000 personnes chaque année.

Prévoyez-vous d’ouvrir d’autres Centres d’Art Numérique en France ou à l’international ?

Tout à fait. Un centre d’art numérique, le Bunker de Lumières, en Corée du Sud sur l’île de Jeju a ouvert en fin d’année 2018. Nous sommes très heureux également que la ville de Bordeaux nous ait confié une partie de sa célèbre base sous-marine où nous ouvrirons, en 2020, les Bassins de Lumières.

Que découvrent les visiteurs dans l’Atelier des Lumières ?

Totalement immergés dans l’image et la musique, grâce à des projections du sol au plafond en très grand format et en très haute définition, les visiteurs sont au cœur de l’œuvre, emportés dans une aventure sensorielle, musicale et esthétique. Les enfants comme leurs parents sont émerveillés par les images. Mais le mieux reste de découvrir par soi-même !

Pourquoi le numérique est-il si important ?

Le mariage de l’art et du numérique offre une complémentarité dans l’appréhension des œuvres. Le format permet de s’adresser à tous les publics, toutes générations confondues. Il parle notamment à une génération plus jeune dont le numérique fait partie du quotidien : pour écouter de la musique, lire la presse, regarder la télévision… Les expositions numériques permettent, par ailleurs, de profiter dans un même lieu d’œuvres majeures de l’histoire de l’art, parfois trop fragiles pour être déplacées.

Culturespaces gère aussi des musées traditionnels à Paris et en région qui proposent des expositions classiques. Nous voyons bien que les visiteurs ne cessent pas d’aller au musée, et c’est tant mieux ! Nous proposons simplement une autre voie, complémentaire de celle des musées.

Pour 2019, pourquoi avoir choisi Van Gogh ?

Nous pensions à Van Gogh depuis longtemps. La matière, les couleurs, les traits et motifs de ses œuvres se prêtent parfaitement à une exposition immersive. D’autant plus qu’en seulement dix ans, Van Gogh a réalisé plus de 800 tableaux et plus de 1000 dessins : une production gigantesque qui nous permet de créer une exposition numérique solide. Par sa peinture, Van Gogh a bouleversé l’histoire de l’art et le numérique peut être un formidable moyen pour rendre compte de son univers.

Quel est le lien avec Japon rêvé, image du monde flottant ?

Van Gogh a été influencé par l’art japonais. À Paris, il côtoie les impressionnistes qui ad- mirent le japonisme. Les estampes japonaises et les ukiyoe (littéralement « images du monde flottant ») marquent définitivement ses œuvres. Lorsqu’il s’installe en Provence, il espère y retrouver la culture du pays du Soleil levant. Il écrit alors à son frère Théo : « Tu sais, je me sens au Japon ». Pour souligner cette fascination de Van Gogh, nous avons fait appel au Studio Danny Rose qui présente une création originale sur les œuvres et les décors imaginaires du Japon.

PARCOURS DE L’EXPOSITION IMMERSIVE

1  – PROLOGUE

L’exposition numérique s’ouvre sur la palette de l’artiste. Cette palette aux couleurs denses et épaisses révèle la force expressive dont il fera preuve tout au long de sa vie. Le geste du peintre, aux touches visibles et orientées, se trace sur l’ensemble des parois. Le regard pénétrant de Van Gogh apparaît, interpelle le visiteur et l’invite à le suivre dans son monde intérieur.

2  – LA LUMIÈRE PROVENÇALE

La première séquence se déroule au cœur de la Provence, des Alpilles à Saint-Rémy. Le soleil provençal envahit la toile et l’espace de sa lumière. Le visiteur, ébloui, pénètre au cœur des œuvres de Van Gogh peintes à la fin de sa vie. Installé de mai 1889 à mai 1890 à l’hospice Saint-Paul de Mausole pour y être soigné, il y dessinera et peindra près de 150 de ses œuvres les plus connues. La lumière aveuglante du Sud s’oppose à la lumière sombre des Pays-Bas, terre natale de l’artiste. Ici, le ciel coloré de Provence inonde l’espace, et les champs de blé s’enflamment au coucher du soleil : le talent de Van Gogh trouve sa force dans le paysage provençal qu’il sublime par un jeu de couleurs et de lumières.

Le Semeur au soleil couchant peint à Arles en 1888 révèle l’ampleur de la puissance et de la modernité de sa palette : il s’inspire du Semeur (1850) de Jean François Millet, son modèle artistique, mais lui donne une tonalité nouvelle par l’utilisation de couleurs éclatantes et contrastées. Les champs de blé sont dessinés à coups de pinceaux dans une dominance de bleus tandis que le ciel est peint en jaune : l’inversion des couleurs montre la liberté dont fait preuve l’artiste. Le visiteur est immergé dans les œuvres de sa maturité jusqu’à ressentir la chaleur du soleil qui absorbe peu à peu l’ensemble de l’espace et efface toute présence humaine.

3  – LES ŒUVRES DE JEUNESSE

La deuxième section revient sur les premières œuvres de l’artiste, dans les paysages monochromatiques du nord, aux Pays-Bas, sa terre natale. La palette sombre, les nuages et la pluie tranchent avec les couleurs chaudes qui parent ses œuvres à la fin de sa vie.

En 1874, Van Gogh découvre L’Angélus (1857-1859) de Millet. C’est une révélation : « C’est magnifique, c’est de la poésie », écrit-il à son frère Théo. Il nourrira jusqu’à sa mort une obsédante fascination pour son aîné qui est pour lui l’incarnation de l’artiste moderne. Dès ses débuts en Hollande, il s’exerce au dessin à partir des scènes rurales de Millet et lit avec passion en 1882 la biographie d’Alfred Sentier : La Vie et l’Œuvre de J.F Millet.

Ici, les tons gris et le thème des travailleurs renvoient aux premières œuvres de Van Gogh, plus austères. Cette séquence présente des œuvres moins connues de l’artiste qui viennent contraster avec l’explosion de couleurs de la première partie. Des portraits de pécheurs  et de paysans représentent la dureté de leur vie quotidienne. De nombreux personnages défilent sur les murs de l’Atelier avant qu’apparaissent leurs villages et maisons, à la tombée de la nuit.

Le visiteur découvre ensuite l’intérieur des maisons : les célèbres Mangeurs de pomme de terre, peints en avril 1885, aux visages grossiers et aux mains osseuses, apparaissent éclairés à la lampe à huile.

Ce chef-d’œuvre de Van Gogh, présenté en grand format, présente ses moindres détails et révèle le style du peintre, influencé à cette époque par le réalisme social de l’école de La Haye.

« On doit peindre les paysans comme si l’on était l’un des leurs. » – Lettre à son frère Théo

4  – LA NATURE

Les tournesols, série de 7 tableaux peints à Arles en 1888, recouvrent l’ensemble des murs : les fleurs reprennent vie et retrouvent leur éclat. La chaleur provençale se fait sentir à travers une explosion de bouquets et de pétales multicolores où les teintes de jaune dominent.

Les couleurs dorées se transforment peu à peu en pots de fleurs colorés puis en champs d’iris, d’un bleu-violet intense. Les saisons défilent à travers ce champ fleuri où se déploient progressivement les éclatants Amandiers en fleurs que Van Gogh peindra à la fin de sa vie, en 1890 pour la naissance de son neveu Vincent Willem.

Ce chef-d’œuvre conservé aujourd’hui au musée Van Gogh d’Amsterdam révèle par    sa forme et ses couleurs l’influence des estampes japonaises sur Van Gogh. Annonçant   le printemps, l’amandier, symbole du renouveau de la vie, exprime également la liberté artistique de l’artiste.

Les branches des amandiers envahissent l’espace et les pétales s’envolent au vent.

« J’y songe de décorer mon atelier d’une demi-douzaine de tableaux de tournesols, une décoration où les chromes crus ou rompus éclateront sur les fonds divers, bleus depuis le véronèse le plus pâle jusqu’au bleu de roi, encadrés de minces lattes peintes en mine orangé. » – Lettre à son ami Émile Bernard

5  – DE PASSAGE À PARIS

L’exposition immersive retourne cette fois sur les traces de Van Gogh à Paris. Dans la capitale, le peintre rencontre plusieurs artistes de la fin du XIXe siècle et peint le Paris d’autrefois, préférant aux scènes urbaines les scènes plus champêtres, d’Asnières à Montmartre. Après ses premières œuvres sombres des Pays-Bas, la palette de Van Gogh s’éclaircit à Paris aux côtés des impressionnistes, symbolistes, pointillistes et des estampes japonaises notamment d’Hokusai, Hiroshige et Utamaro, en vogue ces années-là.

Van Gogh montre l’évolution de la ville, avant l’urbanisation, à travers la série de peintures de Montmartre réalisée en 1886, lorsqu’il y habite avec son frère Théo. Le Moulin de la Galette devient l’un des sujets de prédilection de l’artiste qui renouvelle sans cesse son univers pictural, du nord de l’Europe jusqu’au sud de la France.

« À Anvers, je ne savais même pas ce que c’était que les impressionnistes ; maintenant je les ai vus, et        bien que ne faisant pas encore partie de leur club, j’ai beaucoup admiré certains de leurs tableaux.» Lettre à son frère Théo

6  – ARLES

Ville française du Sud qui marqua l’ensemble de l’œuvre de Van Gogh, Arles, révèle toute la puissance de sa lumière en peinture. Cette section présente les tableaux les plus célèbres de son séjour arlésien : les terrasses des cafés, la place du Forum, les cafés la nuit, sa maison jaune et sa chambre.

La célèbre scène nocturne de Terrasse du Café le soir (1888) se dessine sur les murs de l’Atelier. « Voilà un tableau de nuit sans noir, rien qu’avec du beau bleu et du violet et du vert (…) cela m’amuse de peindre la  nuit  sur place  (…) je m’en trouve bien de peindre la chose immédiatement. » écrit-il à sa sœur. Les formes et les couleurs aux nuances de jaune évoquent la perception de Van Gogh qui, influencé par la peinture impressionniste, cherche à la dépasser. Invité à entrer dans le café, le visiteur découvre alors des personnages mystérieux, éclairés à la lampe à pétrole, buvant de l’absinthe. Ces toiles nocturnes d’été se déclinent dans une tonalité plus chaude à dominance de rouge et jaune.

La « Maison Jaune », premier véritable logis du peintre, aujourd’hui détruit par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, et sa chambre mythique, immortalisées en octobre 1888, symbolisent la solitude et la conscience intérieure du peintre et procurent tranquillité et calme.

Peu à peu, l’espace se remplit de portraits des modèles rencontrés par Van Gogh tout au long de sa vie. Les murs s’assombrissent : la correspondance avec son frère Théo, illustrée de ses croquis, défile sur les murs.

« Tu trouveras le plus laid probablement l’ « Intérieur », une chambre à coucher vide avec un lit en bois et deux chaises. J’ai voulu arriver à un effet de simplicité (…). Faire de la simplicité avec des couleurs voyantes cela n’est pourtant pas commode et moi je trouve qu’il peut être utile de montrer qu’on puisse être simple avec autre chose que du gris, blanc, noir et brun. » – Lettre à sa sœur Wilhelmina

« Cela m’a énormément amusé de faire cet intérieur sans rien, d’une simplicité à la Seurat. » – Lettre à Gauguin

7  – OLIVIERS ET CYPRÈS

Les oliviers et les cyprès sont des motifs récurrents dans l’œuvre de l’artiste. La série de tableaux Les Cyprès est créée en 1889 à Saint Rémy-de-Provence lorsque Van Gogh séjourne à l’Asile Saint-Paul de Mausole et qu’il peint ce qui l’entoure. Les blés ondulent sur les collines de Provence aux formes arrondies, les nuages courent, les arbres s’épanouissent au rythme de la musique et attirent le regard. Van Gogh réinvente le paysage en exprimant à la fois la beauté et la tourmente qu’évoque pour lui la nature.

Cette atmosphère à la fois sublime et menaçante se retrouve dans l’œuvre La nuit étoilée (1889), peinte depuis sa fenêtre à Saint-Paul, aujourd’hui exposée au MoMA de New- York. Ce décor étoilé propre à Van Gogh, dans lequel se trouve un mystérieux cyprès noir et sinueux, emplit l’espace d’un camaïeu de bleus. Installé à Arles, l’artiste emploie des touches courbes, tourbillonnantes et des couleurs pures comme le jaune, le vert et le bleu. Les scènes qu’il dessine semblent dotées d’une vitalité physique et spirituelle. Ici, le ciel, dessiné à coups de pinceau en spirale, reflète l’état tourmenté de l’artiste et révèle une maîtrise parfaite des couleurs.

Dans La nuit étoilée (1888) sur le Rhône, les lumières des étoiles et de la ville se reflètent dans l’eau et témoignent du travail remarquable que réalise Van Gogh sur l’intensité de la lumière.

« Il est évident que, pour peindre un ciel étoilé, il ne suffise point du tout d’émettre des points blancs sur du noir bleu » – Lettre à sa sœur Wilhelmina

8  – SAINT-RÉMY-DE-PROVENCE

Van Gogh peint ces paysages nocturnes de l’intérieur de l’auspice Saint-Paul de Saint- Rémy attiré à la fois par l’extérieur, le jardin ordonné et les allées de platanes de l’asile. Cette section se consacre à la série d’autoportraits d’un Van Gogh au regard inquiétant : les traits de pinceau, au service du for intérieur mouvementé de l’artiste, expriment l’image que le peintre se fait de lui-même. Son âme tourmentée retentit dans la force du trait et l’intensité de la couleur.

9  – LA PLAINE D’AUVERS

Le final est une immersion totale dans les grands paysages de Van Gogh jusqu’à l’apparition d’un ciel orageux et de la pluie qui tombe, de plus en plus violente. Le Champ de blé   aux corbeaux (1890), l’une des dernières œuvres de l’artiste, montre un ciel menaçant contrastant avec le champ de blé aux nuances dorées. Les corbeaux prennent leur envol, s’emparent de tout, jusqu’à obscurcir le ciel.

10  – ÉPILOGUE

Les autoportraits du peintre réapparaissent dans le ciel, au milieu d’une floraison d’amandiers rayonnants. C’est un message de la renaissance et du renouveau permanent de l’art.

ÉQUIPE DE RÉALISATION

GIANFRANCO IANNUZZI

Gianfranco Iannuzzi est concepteur d’espaces et d’expositions immersives. Il réaménage et réinvestit artistiquement des lieux multiples, en extérieur comme en intérieur. Ses créations sont fondées sur l’image, le son et la lumière utilisés comme medias d’expression sensorielle.

RENATO GATTO

Renato Gatto est enseignant de théâtre et assistant metteur en scène. Il dirige l’Accademia Teatrale Veneta, école pour la formation professionnelle d’acteur à Venise. Il enseigne la technique vocale et participe au Projet Didactique du théâtre de la Fenice de Venise.

MASSIMILIANO SICCARDI

Massimiliano Siccardi est vidéaste et artiste multimédia. Il a développé une activité de recherche et de production intégrant les nouvelles technologies dans les installations et les spectacles. Il travaille sur l’image animée et son intégration dans des performances artistiques et théâtrales.

LUCA LONGOBARDI

Luca Longobardi est pianiste et compositeur. Il a ouvert le langage classique à l’expérimentation électronique. Il compose essentiellement pour la danse contemporaine, les performances artistiques et les installations multimedia.

ENTRETIEN AVEC GIANFRANCO IANNUZZI, DIRECTEUR ARTISTIQUE

« Je souhaite sortir le visiteur d’une posture de réception classique    en l’amenant au cœur de l’œuvre, comme sur une immense scène où il deviendrait lui- même partie intégrante de l’exposition immersive. »

Gianfranco Iannuzzi

Pourquoi Van Gogh ?

Van Gogh, par sa vie et son œuvre, est certainement un des artistes majeurs de l’histoire de la peinture. Cette nouvelle exposition réalisée pour l’Atelier  des  Lumières  met  en relief l’approche picturale si particulière de cet artiste. Nous voulions montrer l’épaisseur de la matière, la force  de la couleur,  rendre  perceptible la puissance du geste,  tous  ces éléments propres à Van Gogh.

Comment avez-vous conçu cette nouvelle création pour l’Atelier des Lumières ?

Nous souhaitons montrer toute la force créatrice de Van Gogh et permettre aux visiteurs d’appréhender son œuvre de manière sensible et sensorielle plutôt que chronologique.

Avec Renato et Massimiliano, nous sommes partis  d’une  sélection  d’environ  500  œuvres. À partir de cela, il nous faut environ un an pour réaliser l’exposition immersive : recherche historique et iconographique, écriture du story-board, production et traitement informatique des images, animations vidéo, conception et arrangement de la bande-son, essais et ajustements…

Au-delà de ce travail de recherche et de création il y bien sûr l’Atelier des Lumières qui accueille ce projet. C’est une composante fondamentale à prendre en compte.

Nous proposons une exposition numérique que je qualifierais de « sur-mesure ». Et tout  ceci s’appuie bien sûr sur une installation de diffusion audiovisuelle à la pointe de la technologie.

Notre objectif est de laisser au visiteur sa liberté de perception et d’interprétation dans   un espace où ses mouvements et déplacements font partie intégrante de l’exposition immersive. En amplifiant la dimension émotionnelle et en immergeant le visiteur dans    une œuvre tridimensionnelle, nous l’invitons à développer une attitude à la fois plus personnelle et plus participative vis à vis de l’exposition numérique.

Comment utilisez-vous la technologie ?

Nous orchestrons les 140 projecteurs de la salle comme nous le ferions avec des instruments de musique. Grâce à eux nous créons une symphonie d’images  qui  interprète la partition qu’est notre scénario.

Mais la technologie est toujours une arme à double tranchant. Elle permet de réaliser    des choses merveilleuses mais elle peut également entraver la créativité. En perpétuelle évolution, elle nous oblige à évoluer à chaque nouvelle exposition immersive pour proposer une œuvre numérique qui répond aux attentes des visiteurs toujours plus  curieux, connectés, exigeants.

Comment choisissez-vous la bande-son ?

La réalisation de la colonne  sonore  se  fait  en  même  temps  que  l’écriture  du scénario. Il ne s’agit pas de mettre en  musique  une  séquence  prédéfinie  mais  de  créer une œuvre unique. C’est ce que nous avons fait avec Luca Longobardi, en cherchant à exprimer l’esprit et la force des images de Van Gogh.

Pour cela nous avons alterné des morceaux classiques et contemporains, concerts et symphonies, jazz et musique pop avec, en écho à la vie de l’artiste, des moments plus sombres et d’autres plus solaires comme son œuvre nous le suggère.

Quels sont au final les objectifs de cette dernière réalisation ?

Chaque réalisation doit répondre aux  objectifs  suivants  :  une  création  originale  dans le respect de l’œuvre de l’artiste, une intégration la meilleure possible dans l’espace      qui nous accueille, une expérience immersive pour le visiteur qui est placé au cœur        de l’œuvre.  Il  ne  s’agit  pas  de  remplacer  musées  ou  livres  d’art  mais  de  proposer  à chacun une approche de l’art différente, plus personnelle et sensorielle.

ATELIER DES LUMIERES PARIS

Vincent Van Gogh Paris Palais des Lumières©VB
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