Fondation Schneider L'Eau dessinée Photo VB
Fondation Schneider L'Eau dessinée ©VB

L’eau dessinée à la Fondation François Schneider jusqu’au 29 mars 2020

L’eau dessinée raconte une histoire d’eau à travers la bande dessinée et l’illustration, du voyage à la science-fiction en passant par les questions environnementales ou des histoires insulaires. Dans une scénographie joyeuse et ludique, plus de deux cents documents et objets sont présentés, rassemblant des originaux, des manuscrits, des illustrés, des films animés, destinés aux amateurs ou inconditionnels de bandes dessinées et de romans graphiques

Le papier virevolte dans tous les espaces de la Fondation pour révéler la matière de l’eau, son lien avec le paysage et l’environnement, les narrations du voyage et des mondes imaginaires, ou encore son rapport à l’homme et au corps, avec notamment la tradition des bains.

Constituée avec les collections patrimoniales de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (Angoulême), des prêts d’auteurs, d’éditeurs et de collectionneurs, l’exposition retrace plus d’un siècle d’histoire de l’image dessinée et illustrée sur le thème de l’eau ayant inspiré une multitude de récits.
Des premiers auteurs de la fin du 19e ayant donné le ton à la bande dessinée – Georges Omry, Marcel Turlin … – aux héritiers de la ligne claire – Bruno Le Floc’h, Christian Cailleaux… – en passant par les iconiques Moebius ou Schuiten, puis toute la période contemporaine et le renouvellement du genre via le roman du réel – Nicolas de Crécy, Marine Blandin, Koren Maruo…– on découvre les diverses approches des auteurs et dessinateurs.
Des artistes passés par la HEAR (Haute Ecole des arts du Rhin, Mulhouse et Strasbourg) sont également mis à l’honneur, l’école d’art étant connue pour sa section illustration.

L’exposition est réalisée en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, sous le commissariat de Jean-Philippe Martin, conseiller scientifique et avec la scénographie de l’agence Lucie Lom. Dans ce cadre et en partenariat avec la HEAR et le département illustration, des résidences d’artistes sont ouvertes à des diplômés 2019 et une semaine « hors limite » avec des étudiants de 4ème et 5ème année aura lieu en novembre 2019 à la Fondation François Schneider. Une partie de l’exposition est également présentée à L’Espace 110 – Centre Culturel d’Illzach dans le cadre du 35ème festival Bédéciné.

Le territoire met la bande dessinée à l’honneur : les médiathèques de Thann et Cernay exposeront les travaux de Jean-Denis Pendanx et Matthias Picard, l’Abri-Mémoire d’Uffholtz présentera les dessins de Marko.
De nombreux ateliers d’illustration et d’écriture, de tables rondes et signatures avec les auteurs, une série de concerts dessinés et un espace jeunesse seront au programme ainsi qu’un vaste espace lecture où les visiteurs sont invités à s’immerger.

Cette exposition sera inscrite au calendrier de 2020, Année de la bande dessinée, annoncée par le Ministre de la Culture et pilotée par la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image et le Centre national du livre.

Commissaire de l’exposition
Jean-Philippe Martin
Conseiller scientifique, recherche et programmation, Cité internationale de la Bande dessinée et de l’image

Scénographie de l’exposition
Agence Lucie Lom

Une exposition organisée en partenariat
avec la Cité internationale de la Bande dessinée et de l’image d’Angoulême
le département illustration de la HEAR de Strasbourg
et le festival Bédéciné.

Liste des auteurs
Yarô Abe, Claude Auclair, Thomas Azuélos, Mi-Young Baek, Baru, Antoine Marius Barret, René Bastard, Dino Battaglia, Edmond Baudoin, Bearboz, Tara Beaufils, Béhé, Clément Belin, Christophe Blain, Marine Blandin, Nina Bocahut, Laurent Bonneau, François Boucq, Hélène Boudier, François Bourgeon, Hervé Bourhis, Dominique Brisson, Noé Broudic, Max Cabanes, Christian Cailleaux, Calvo, Catel, Antoine Causaert, Cazanave, Manon Cezaro, Yves Chaland, Jérôme Charyn, André Chéret, Pierre Christin, Georges Colomb, Bruno Costès, Nicolas de Crécy, Gaël Darmois, Martin Tom Dieck, Tristan Domenjus, Jean-Yves Duhoo, Fanny Dujardin, Louise Duneton, AJ Dungo, Nathalie Ferlut, Marie Flacon, Benjamin Flao, Anke Feuchtenberger, JC Forest, Fred, Adrien Fromenteil, Jerry de Fuccio, Caroline Gamon, Bernard Giraudeau, Eugène Gire, Godard, Sacha Goerg, René Goscinny, Lucas Harari, Jens Harder, Hermann, Claire Inguimberty, Alain Kokor, Leonard Koren, Joe Kubert, Harvey Kurtzman, Amandine Laprun, Caroline Lefevre, Bruno Le Floc’h, Frank Le Gall, Pierre Le Goff, Léo, Inès Léraud, Marine Loscos, Loustal, Antoine Maillard, Claude Marin, Suehiro Maruo, Laureline Mattiussi, Lorenzo Mattotti, Lisa Matuszak, Winsor McCay, Rita Mercedes, Jean-Claude Mezières, Benoit Michelet, Mœbius, Henri Monnier, Marius Monnier, Thierry Murat, Islena Neira, Georges Omry, Hugo Fabrice Parme, Amélie Patin, Florine Paulius, Jean-Denis Pendanx, Emeline Perrin, Jérôme Peyrat, Stéphane Piatzszek, Matthias Picard, Violaine Picaut, Picq, Amélie Poirier, Emile - Joseph Porphyre Pinchon, Hugo Pratt, Benjamin Rabier, Mathilde Ramadier, Mariette Ren, Mathieu Reynès, Marine Rivoal, Simon Rochepeau, Johanna Schipper, François Schuiten, Pauline Segalat, Valentin Simaer, Pierre Soymier, Erwann Surcouf, Audrey Spiry, Caroline Sury, Jacques Tardi, Adèle Tariel, Lewis Trondheim, Troubs, Marcel Turlin (Mat), Albert Uderzo, William Vance, Pierre Van Hove, Laura van Moere, Alex Varenne, Daniel Varenne, Robert Velter, Sylvain Venayre, Valérie Vernay, Lele Vianello, Bastien Vivès, Clément Vuillier, Addison Mortimer Walker, Isaac Wens, Zidrou

Fondation Schneider L'Eau dessinée ©VB
 

La matière de l’eau

Dans son ouvrage L’Eau et les Rêves, le philosophe Gaston Bachelard décrit l’eau comme une matière physique, à partir de laquelle notre imagination fait émerger des rêves, des poèmes, des métaphores et des œuvres d’art. Nullement insipide, inodore, incolore et sans saveur, loin de se résumer à sa composition H2O, l’eau est tour à tour salée, douce, maternelle, berçante, tantôt sombre et violente, tantôt accueillante et apaisante. Elément ambivalent, l’eau est la source de nombreuses images dessinées. Suivant une grande vague en papier, imaginée par les scénographes de l’atelier Lucie Lom, nous découvrons une très grande variété de représentations et de matérialisations des éléments liquides.

L’eau est perçue dans la singularité de la vision de chaque artiste mais aussi dans une dimension universelle. Le lecteur peut ainsi accéder à une compréhension « technique » de tous les états de l’eau. Travaillant au noir et blanc, sans s’occuper de pleins et déliés, de profondeur de champs, la mer se déchaine sous le pinceau rageur d’Edmond Baudoin en amas charbonneux épais et tourbillonnant avant de s’apaiser pour ne plus être qu’une ligne diaphane (Le Voyage ). Jour de Pêche d’Antoine Maillard est assez exemplaire ; cette histoire muette est une sorte de catalogue des représentations de l’eau dans tous ses états : eau stagnante, eau de pluie, eaux profondes. La bande dessinée de Jens Harder, (Alpha, Beta, Gamma ) est une histoire du monde depuis les premiers temps de la création. Elle propose une approche quasi encyclopédique qui rassemble une multiplicité de représentations des éléments, dont certaines appartiennent à l’imaginaire collectif depuis des siècles.

Pol Bury Fondation Schneider ©VB

Paysage & environnement

S’inscrivant dans une longue tradition, celle des dessinateurs scientifiques ou des peintres de marine, certains auteurs de bande dessinée témoignent d’une attention particulière à la retranscription de la « réalité » aquatique et de ses paysages typiques : les bateaux, les rochers battus par les flots, les falaises de glaces, les faunes et flores caractéristiques…

La bande dessinée, par la discrétion de ses moyens (un homme, un papier, un crayon) et son pouvoir d’évocation, peut rendre compte du réel parfois beaucoup mieux que d’autres médias. Des dessinateurs comme Bruno Le Floch’, Christian Cailleaux ou encore Clément Bélin – souvent originaires de régions maritimes ou marins eux-mêmes – s’emploient à exprimer, ou à mettre en valeur le caractère essentiel ou le détail que l’imagerie classique ne saura parfois pas mettre en évidence. Ils font ainsi apparaître, de manière pratique et efficace, nombre d’informations sur l’aspect de la matière, ses limites dans l’espace… Le dessinateur est alors une sorte d’interprète du monde qu’il observe et que souvent il connait presque intimement. Une interprétation qui trahit dans bien des cas des préoccupations pour la préservation de l’environnement menacé par le réchauffement climatique, la fonte des glaces, la disparition d’espèces… L’approche presque militante de Jean-Yves Duhoo ou de Catel entre en résonance avec celle plus « objective » de Joseph Béhé ou Christian Cailleaux qui nous alertent, à leur manière, sur les conséquences des activités humaines sur notre environnement.

L’eau racontée

Avec L’Odyssée, Homère ancrait durablement les récits dans les océans et faisait de la mer à la fois un lieu de fiction et un objet mythique, primordial. Pour cet objet littéraire qu’est la bande dessinée, les auteurs mêlent l’encre à l’eau pour produire odyssées ou récits intimistes. Beaucoup de ces histoires empruntent, avec une certaine fidélité, à des récits d’aventures emblématiques voire matriciels. On songe évidemment à toutes les histoires de piraterie dont L’île au trésor de Robert Louis Stevenson tient lieu de référence. Maintes fois adapté au cinéma et en bande dessinée, ce roman a fixé les archétypes du genre. Des références directes à ce texte ou d’autres plus allusives – parfois des variations parodiques- entrainent le lecteur dans le sillage de pirates, flibustiers et autres corsaires sur toutes les mers et océans de la planète et sur des îles à l’écart des routes fréquemment empruntées par les bateaux.

Ces récits d’aventures, hauts en couleurs, avoisinent avec d’autres montrant l’homme aux prises avec la mer, menaçante, dangereuse ou nourricière. Le Vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway ou Moby Dick (ou Le Cachalot ) d’Herman Melville – dont deux versions sont présentées ici, celle de Dino Battaglia et celle parue en 2019 de Sylvain Venayre et Isaac Wens – sont deux exemples célèbres de la confrontation de l’homme, faible et dérisoire avec la mer, immense et puissante.

Mais plonger dans la matière de l’eau fait aussi accéder les récits à une rêverie poétique ou, selon l’expression de Jung « aux données de l’inconscient » que pourrait bien matérialiser le monde fantastique qu’arpente Philémon, le personnage imaginé par Fred et où se trouvent notamment des îles formant les mots « OCEAN ATLANTIQUE » au milieu de l’océan de ce nom.

Fondation François Schneider Ilana Isehayek Les toupies d'eau Photo VB
Fondation François Schneider Ilana Isehayek Les toupies d'eau©VB

L’eau & l’Homme

Abondante sur la planète, l’eau permet la vie. Elle est la matière première du monde dans différentes cosmogonies et traditions où elle est employée à fertiliser, à baptiser et à purifier. Les notions d’eaux primordiales et le mythe de l’océan des origines, sont quasiment universels. Composés en grande partie d’eau, les hommes éprouvent la nécessité de s’immerger (corporellement ou mentalement), dans l’eau douce, feutrée ; souvenir du sein maternel qui semble favoriser la méditation, l’intériorisation ou la socialisation.

Ruisseaux, rivières, lacs mais aussi bains publics, piscines, thermes et autres lieux de rites spirituels ou sociaux sont le cadre de nombreux récits marquant cette communion entre l’Homme et l’eau. Nautiland, le microcosme nautique dans lequel nous immerge Marine Blandin, est l’incarnation moderne de cette relation originelle. Tandis que, hédonisme ritualisé, le bain est élevé au rang d’Art comme nous l’enseigne l’étonnant livre de Léonard Koren et Suehiro Maruo, L’art du bain japonais.

 

FONDATION FRANCOIS SCHNEIDER 

Manifestations et programme à venir 

Samedi 14 décembre de 14h à 17 h | Marché de Noël | Lecture de contes, dédicaces et goûter.

Dimanche 5 janvier à14h30 | Visite guidée de l’exposition.

Samedi 18 janvier de 10h à 16h Workshop Création bande dessinée avec l’auteur Stéphane Piatzszek et le dessinateur Jean- Denis Pendanx.

Atelier famille à partir de 8 ans, places limitées à 20 participants.

Dimanche 1er février à 14h30 Visite guidée de l’exposition.

Samedi 29 février de 14h30 à 16h30 Atelier famille illustration L’eau encrée animée par Louise Duneton.

Places limitées à 15 participants.

Dimanche 1er mars à 14h30 | Visite guidée de l’exposition.

Vendredi 6 mars à 19h Concert dessiné avec les étudiants plasticiens et musiciens de la HEAR. Sous la direction de Finzo et Antoine Spindler.

Dimanche 22 mars à 10h | Yoga (places limitées à 12 personnes).

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