Stanislas Belhomme Clementine Lemaître Artiste Eddie Colla USA Photo VB
Stanislas Belhomme Clementine Lemaître Artiste Eddie Colla USA 2019 ©VB

Le Street Art entre au musée : adresse les remparts de Neuf-Brisach

Personnellement , je me réjouis toujours de débusquer au coin d’une ruelle ou en levant le nez direction bonjour là-haut , les fantaisies graffitées des artistes urbains , fussent-elles sauvages ou au contraire produites sur commande, ça m’est bien égal ! De l’art gracieusement installé à portée d’oeil  , voilà de quoi éclairer les journées les plus maussades , où que tu puisses te trouver dans le monde , car le street artiste se déplace eu égard à sa liberté d’action , c’est un peu l’expatrié du monde de l’art , nous voici un point commun , la grâce créative en moins en ce qui me concerne . Ces dernières années , l’art urbain est tellement présent partout que l’on se prend à jouer à reconnaître qui a fait quoi tant ces décorateurs d’extèrieur  , embellisseurs de nos tristes murs nous sont devenus familiers :  Invader , JR, C215 , Miss Tic , Bansky, Obey, Seth, Levalet, Jef Aerosol…

Mais voilà !  Au risque d’utiliser une métaphore peu flatteuse , s’arrêter devant une fresque de Speedy Graffito ou devant les héros bleus de Cranio ou encore les élégants fantômes évanescents de Jerome Mesnager ( de Colmar ça fera plaisir aux alsaciens )  simultanément , relève clairement du rêve . Ce serait un peu comme ouvrir les yeux place de la gare – n’importe quelle ville fera l’affaire – pour admirer lions , tigres , gazelles en restant les deux pieds vissés dans ses pompes clouées au sol . Mais ça , c’était avant ! Aujourd’hui , on a les parcs animaliers et …le MAUSA à Neuf-Brisach installé à l’intèrieur des remparts réalisés par Vauban entre 1698 et 1704 , Alsace . C’est ce qui s’appelle rentrer dans le rang , un peu contradictoire pour des artistes pratiquant habituellement à l’air libre mais quelle importance puisque le mot liberté peut bien s’écrire n’importe où , il faut y croire voilà tout.

 

Rencontre avec Clementine Lemaître directrice du Musée d'Art Urbain et de Street Art à Neuf-Brisach co-fondé avec Stanislas Belhomme

VB : bonjour Clémentine , comment est née l’idée de ce musée d’art urbain intra-muros et pourquoi Neuf-Brisach  ?

CL : nous avons ouvert avec Stanislas Belhomme le musée le 7 juillet 2018 en mode work-in-progress , c’est-à-dire au fur et à mesure des visites des artistes ; on reçoit au moins un artiste par mois et restons ouverts lorsqu’ils sont là  pour que le public puisse les rencontrer et les voir à l’oeuvre . Le succès a été tel que de 11 artistes , nous sommes passés à 21 dès la première année.

VB : l’idée directrice du départ était bien d’utiliser ce lieu chargé d’histoire pour y devenir un atelier – musée dédié aux artistes urbains ?

CL : le cahier des charges était assez  dense car il s’agit du premier musée d’art urbain et de street art en France . Pour le courant artistique le plus long de l’histoire de l’art , 70 ans , il était d’abord temps de créér un musée dédié , le cahier des charges était par ailleurs assez  dense car il s’agit du premier musée d’art urbain et de street art en France.

Ainsi fallait-il un beau lieu qui renouvelle l’exercice en offrant aux artistes, qui ont tous plus de 20 ans de peinture derrière eux, des surfaces inédites. Ils ont en effet déjà écumé bon nombre de supports.

 Nous souhaitions également nous éloigner des grandes capitales françaises qui concentrent 80% de l’offre culturelle et artistique et qui s’adressent donc toujours un peu aux mêmes chanceux.

Enfin, parce que ça fait partie de la démonstration du street art de réveiller l’urbain, nous avions déjà en tête de nous saisir d’un lieu de patrimoine qui serait susceptible à cette occasion d’être réhabité, revisité et reraconté, et à qui cela offrirait également une « seconde vie ».

VB : le choix d’investir les remparts de Neuf-Brisach qui sont un lieu chargé d’histoire et désormais classé au patrimoine mondial de l’Unesco , est-il délibéré ?

CL : Les remparts de Neuf-Brisach répondaient donc parfaitement à notre cahier de charges. La ville de Neuf-Brisach a d’abord une configuration incroyable , enfermée dans 2,4 km de remparts ponctués de 8 tours bastionnées formant un octogone, elle ressemble à un mandala vue du ciel . Les remparts sont le dernier projet de l’architecte militaire humaniste Sébastien Le Prestre de Vauban, l’œuvre dont il est le plus fier et son système le plus complet puisque c’est le seul Troisième système défensif. Et puis c’est une commande de Louis XIV. 

2,4km de remparts à entretenir pour une ville de 1900 habitants, c’est énorme, même avec l’aide de l’Unesco. Y participer ainsi qu’à la redynamisation du village nous semblait une belle opportunité, aussi de faire notre démonstration.

   Toute la muséologie s’interrogeant aujourd’hui sur de meilleures façons d’attirer un public qui n’aurait pas l’habitude de venir au musée dont l’abord , il faut le dire , est souvent intimidant voire réfrigérant.

Nous souhaitions une scénographie moins aseptisée, plus appropriable, plus conviviale et plus décontractée, donc  plus rassurante pour chacun.  Les lieux, pris dans leur jus et  invitant les artistes à s’y intégrer en peignant à même les murs y coupaient directement court et la disposition sous forme de deux immenses couloirs composés de pièces permettait également de réserver la surprise lors des déambulations et d’offrir de belles immersions.

Enfin, l’Europe étant en paix depuis plus de 50 ans, nous trouvions également intéressants de redonner une destination paisible à un tel lieu sans toutefois en nier l’histoire, au contraire. Parmi les visiteurs, il y a des personnes âgées qui ont vécu l’enfermement  ici sous les remparts pour se protéger  des bombardements pendant la guerre  et qui  n’avaient pas eu d’occasion jusqu’à maintenant d’y revenir, aussi faute de pouvoir visiter. L’émotion a été très forte ! et grâce à elles, nous avons pu peaufiner notre connaissance du lieu et  de son histoire, et c’est autant de connaissances que nous pouvons transmettre à notre tour lors de nos visites guidées.

VB : justement , il semble que les street artistes aient moins vocation de passer des messages politiques qu’aux débuts du mouvement dans les années 80 . Est-ce lié avec la reconnaissance officielle dont ils bénéficient aujourd’hui ?

CL :D’une façon générale, le street art est plutôt toujours et encore très engagé, et je ne crois pas qu’il y ait moins de messages politiques aujourd’hui qu’hier. Et même ceux qui se positionnent clairement pour ne pas en avoir comme les artistes PEZ  et Chanoir par exemple, expriment néanmoins dans leurs oeuvres une joie de vivre avec l’intention de déclencher des sourires, et je trouve que ça n’en demeure pas moins un  positionnement sociétal ;  ou encore les personnages de Jerome Mesnager, à qui on avait proposé de peindre en noir. Il avait refusé arguant qu’il peignait en blanc pour symboliser la liberté et la lumière. Beau parti-pris, n’est-ce pas ?

La reconnaissance officielle aura surtout permis de donner enfin à cet art les lettres de noblesse qu’il mérite, et c’est une bonne chose notamment que le street art figure désormais également dans les manuels scolaires ;  aux villes de passer des commandes publiques, permettant aussi aux artistes de peindre sans craindre les lourdes conséquences financières et pénales de l’interdiction de peindre sans autorisation, aussi d’en vivre, et aura peut-être  participé à une meilleure représentation des artistes féminines.

VB : comment avez-vous sélectionné les artistes ?

CL : Pour un premier musée de street art, et sans pouvoir être exhaustif, nous avons toutefois tâché essayé de représenter une grande variété d’expressions (graffitis, pochoirs, graffitis pop , collages, etc), aussi de nationalités Et puis pour que ça ait du sens au regard du mouvement, des pionniers et des artistes ayant une signature très forte, inconfondable. Pour la programmation, cela s’est passé assez vite avec Stanislas Belhomme, collectionneur de street art depuis 30 ans et agent d’artistes , qui a donc un très bon réseau . Aujourd’hui, le succès du musée et le retour des artistes venus aidant, nous sommes également sollicités par les artistes eux-mêmes. 

VB : quel est votre budget de fonctionnement ? Vous louez donc le lieu , comment les artistes sont-ils rémunérés ? 

CL : nous louons effectivement le lieu à la ville et nous prenons les résidences complètement en charge (transport/hébergement/repas/peinture et fournitures). Etant une association d’intérêt général sans subventions publiques et/mais porteuse d’un projet qu’ils partagent avec nous, les artistes n’ont pas demandé pas de cachet. Nous tâchons néanmoins de les bichonner au maximum de ce que nous pouvons quand ils sont là, de leur assurer une couverture médiatique aussi large que possible, d’organiser des ventes dans notre boutique et de leur trouver d’autres rebonds, projets ou expositions. Ainsi le fonctionnement dépend-il entièrement de la trilogie artistes/visiteurs/partenaires et nous-mêmes.

VB :  si vous n’êtes pas comme une maman avec vos artistes invités , parvenez-vous à citer  vos artistes préférés ?

CL : c’est vraiment beaucoup trop difficile , chacun-e ayant laissé un souvenir aussi riche et-doux que saisissant et incomparable . Plus que les artistes individuellement , c’est plutôt l’état d’esprit général que j’ai trouvé formidable , tourné vers le partage et l’échange, collectif voire fraternel, passionné et passionnant.

Les rencontres avec le public ont été faciles, ouvertes, enthousiastes et sensationnelles, jusqu’à se terminer parfois en joyeux apéros !

VB : vous revenez tout juste d’  Art Basel Miami , y avez-vous fait des découvertes ?

CL : nous y sommes en effet allés pour rencontrer des artistes et en découvrir d’autres , C’est un rassemblement incontournable chaque année et une chouette occasion aussi de les revoir.

VB : en arrivant au MAUSA de Neuf-Brisach , on découvre d’abord quelques fresques extèrieures avant de pousser la porte ; d’autres sont-elles prévues ? 

CL : il s’agissait d’abord, faute d’avoir la subvention rêvée qui permettrait une gratuité du musée pour tous, d’avoir une offre extérieure gratuite afin de permettre à ceux qui ne pourraient régler le prix du billet (10€) de voir une partie du travail présenté à l’intèrieur ;  nous avons également démarré un Street Art Tour sur le territoire du Pays Rhin brisach  dont nous sommes avec 28 autres villages ou lieux-dits . Pour le moment,  à Kuhnheim Popay  a réalisé une fresque gigantesque sur le mur de la Salle de Musique Echo du Rhin  tandis que la piscine Sirenia à Île du Rhin -Vogelgrun  a été peinte par  Wark Rocinha.  A terme, nous espérons qu’il y aura une fresque dans chacun des 29 villages, nous y travaillons. Il y a en Alsace la route des vins, il y aura maintenant le StreetArt Tour !

 

il s’agissait de permettre à ceux qui ne pourraient régler le prix du billet ( 10€) de voir une partie du travail présenté à l’intèrieur ; nous attendons l’autorisation pour poursuivre sur les murs des remparts , mais  d’ores et déja , nous avons démarré un Street Art Tour incluant 29 villages ou lieux-dits , un artiste par lieu . Pour le moment ,  à Kuhnheim Popay occupe le mur de la Salle de Musique Echo du Rhin  tandis que la piscine Sirenia à Île du Rhin -Vogelgrun  est  traîtée par  Wark Rocinha.  Il y a en Alsace la route des vins , il y aura maintenant le StreetArt Tour ! 

VB : une phrase …ou deux pour conclure sur ce brillant et généreux projet ?

CL : nous sommes très heureux d’avoir créé un tel engouement côté public comme des artistes .

Nous avons reçu deux prix : l’initiative touristique 2018 et le lieu culturel de l’année 2019, et entre 30 000 à 40 000 ( si l’on compte les enfants ) amateurs de tous âges, en provenance de partout ! Nous sommes soutenus et encouragés par la presse locale , régionale , nationale et internationale ( articles au Brésil , Pérou , Angleterre ). Aussi par l’élue à la culture de Neuf-Brisach, jeanine Klee, la Communauté des communes du Pays Rhin Brisach, la marque de peinture aérosols Amsterdam acrylics, le fournisseur local d’électricité Vialis et l’entreprise de construction HQE Anthylis de Strasbourg. Et par de nombreux habitants de Neuf-brisach qui nous ont porté main forte et qui restent à nos côtés. Sans oublier les écoles qui sont venues et continuent à venir en grand nombre, et nos enfants, qui se sont adaptés très vite à leurs nouveaux collège et région et qui se sont beaucoup pris en charge depuis l’ouverture du muséeNotre passion et notre détermination sont aussi fortes qu’au début, et cela ne fait que commencer, 2020 promet de nouvelles et grandes surprises !

VB : merci Clémentine , longue vie au MAUSA de Neuf-Brisach et à tout bientôt

 

Une journée au musée ! Pour faire connaissance avec les les 28 artistes invités au MAUSA 

Autant le dire : si vous êtes dans le mode pressé , je vous conseille de revenir car déambuler en compagnie de Clémentine ou de Stanislas dans les salles du premier musée dédié à l’art urbain  pourrait vous prendre quelques heures  si tant est que vous souhaitiez connaître en détail l’histoire  de Neuf-Brisach et de ses fameux remparts , désormais classés au patrimoine mondial de l’Unesco , mais aussi celle des 28 artistes invités au MAUSA Vauban. Cela dit , le plaisir de l’oeil pourrait largement suffire à votre bonheur . Promenons-nous sous les remparts pour un tour d’horizon non exhaustif !

 Pour chacun de ses hôtes , Clementine et Stanislas,  a une anecdote qu’ils distillent presque en chuchotant comme si déplacer trop d’air pouvait  perturber les oeuvres . En voici quelques unes :   l’artiste Popay natif de Barcelone,  est resté à Neuf-Brisach un mois  durant, battant ainsi le record du temps de résidence . Il s’est attelé à deux travaux , le mur  de la salle de musique de Kuhnheim 2 rue Jules Verne  inauguré en novembre 2019  et une des ailes du MAUSA  , murs et plafonds compris .Contraint de monter et descendre une échelle  des centaines de fois chaque jour car il procède couleur par couleur , il a terminé le travail épuisé , un peu comme Michel-Ange et le plafond de la Chapelle Sixtine que le maître n’aurait pas du tout peint allongé . Popay , pionnier du street art en France dont la longévité est remarquable ,a commencé dans le graffiti classique et s’est fait connaître en participant au recouvrement  de la palissade du Louvres en 1986 .

Speedy Graphito / Olivier Rizzo

autre grand pionnier français du mouvement, disposait d’un couloir étroit et sombre pour y apposer son oeuvre. Il en a tiré parti en y peignant une anamorphose qui ressuscite son légendaire personnage qu’il n’avait pas repeint depuis 15 ans : le lapinture.

Wark la Rocinha /Marcos Rodrigo peint des anges inlassablement , peut-être ceux de la Favella de la Rocinha  à Rio . Il a crée en 2010 un institut pour les enfants de la favella de Rio . 15000 enfants transitent par ce lieu.Le MAUSA a accueilli deux fois l’artiste brésilien, et a organisé pour sa seconde venue un week-end de bienfaisance pour réunir des fonds destinés à bâtir une école au sein de son institut.

Jaune / Jonathan Pauwels ,  pochoiriste bruxellois doté d’un humour ravageur réjouissant, est le tagueur des petites mains indispendables pour que notre monde tourne : éboueurs , peintres en bâtiments , serveurs de bistrots …15 pochoirs façon jouets posés un peu partout sur les murs des remparts pour nous replonger dans l’univers ludique de l’enfance , lorsqu’il a existé bien sur  . Les trouver constitue d’ailleurs l’un des jeux proposés par le musée aux enfants lors de leurs visites.

Denis Meyer le gigantiste belge  : il a fallu une semaine à Denis Meyer pour noircir – ou bleuir- les murs de sa pièce allouée : chaque passant a proposé un mot , certains ont prêté leur visage  comme comme de l’élue à la culture Jeanine Klee ou d’autres artistes du Mausa. Aline qui passe chaque jour avec son petit chien  propose  … Aline mais on trouve aussi aussi fraternité , résistance, pardonner , haine …  Denis Meyer n’est pas un artiste du hasard , il se documente ; ainsi a-t-il écouté attentivement l’histoire de Neuf-Brisach par le doyen du village pour alimenter son travail.  Il apprend par exemple qu’il fut un temps où toutes les confessions religieuses cohabitaient en harmonie  avec l’ambition commune de se protéger de l’envahisseur, pour preuve les pochoirs associés dans une des salles datés de … disons entre 1945 et 1955 .  Ceux qui ont du se cacher sont parfois restés jusqu’à 7 mois entre ces murs pensés pour 50 personnes et occupés par plus du double. Son dernier projet l’a conduit à peindre 25 000m2 , un record, dans un immeuble désaffecté de Solvay en Belgique dans lequel il s’est enfermé durant 18 mois ! 

Philippe Herard est un peu atypique dans le monde du street art car il n’en est pas issu . Il s’est consacré dès l’adolescence à la peinture , ses oeuvres sont d’ailleurs exposées dans divers salons et galeries d’art en France comme à l’étranger  . C’est seulement depuis 2009 qu’il décline ses personnages anonymes  et son univers  sur les murs de Paris ou d’ailleurs . Au musée,  il a dessiné et peint sur de  grandes toiles suspendues des fragments de poésies urbaines  composant les douze mots d’une phase empruntée à Véronique Ovaldé  , une illustration de la  distorsion entre la realité et la perception que l’on en a à un moment donné. L’ univers décrit est sombre , le personnage en errance , seul . Souvent, il y a une bouée de sauvetage qui hélas semble avoir perdu sa vocation  .

BEN Eine et ses lettres colorées occupent une partie du couloir distribuant les salles . Il tire son inspiration du pop art notamment d’Andy Warhol et de l’univers du graffiti ( Bansky, Shepard et D-Face ) . Parmi ses oeuvres spectaculaires , les 200 rideaux metalliques tagués  à Londres à ses débuts  et en 2018 toujours à Londres  le mot CREATE tracé pour célébrer  les 85 ans de la marque Zippo , la plus grande surface au sol peinte potentiellement visible de l’espace . Ben Eine déclarait  :  » j’egaye les murs des quartiers ternes, pour apporter de la joie à ceux qui les traversent. C’est pour ça que j’aime créér dans la rue , pour faire sourire les gens  » .

 Bustart , le bâlois dont les observateurs auront pu remarquer l’oeuvre à la sortie de Bâle direction autoroute (2017) à côté de son collègue Cranio , est un artiste urbain heureux puisque son ambition de toujours est de partager son inspiration avec tout le monde . Mais Bustart passe aussi un message : sans les artistes de rue du monde qui travaillent dans l’illégalité alors que ce sont des peintres et risquent la prison pour exercer leur art , le street art n’aurait aucune légitimité . Son installation nous en fait la démonstration. Avec son petit air de Lichtenstein  et de sacrées affinités avec la BD ,  Bustart a laissé ses marques partout dans le monde : New-York, Berlin , Mumbai, Londres, Paris, Dubaï, Le caire , Marseille , Amsterdam…

Levalet / Charles Leval : soyons clairs , comme je n’ai aucune contrainte concernant mes préférences contrairement à Clementine Lemaître qui se doit d’observer une parfaite objectivité – en public en tout cas – , au diable états d’âme et autre scrupules , je le dis à haute et intellegible voix : Levalet est mon chouchou  ! C’est dit ! Ami visiteur , si tune sors pas de cette salle complètement bouleversé , c’est que ton coeur , si tu en as bien sur , est fait de granit . Sinon,  Levalet , d’habitude ne procède pas en 3D , il trimballe de murs en murs ses personnages gris – ou non – qui font souvent des rencontres improbables genre une soucoupe volante qui aime lire , des chats qui attaquent , un sauteur en hauteur qui se prend les pieds dans des barbelés, un geek- golden boy  qui se prend un poteau en pleine poire ( bien fait ! )  … souvent Levalet est plusieurs , d’autres fois , on ne sait pas car il n’a pas de visage . Levalet aime bien utiliser le mobilier urbain pour y installer ses héros , genre soupirail au ras du trottoir . Levalet a de l’humour , il cale ses gars à l’intèrieur d’un frigo et appelle ça Climatoscepticisme  . Bref , je ne trouve rien à reprocher à ce garçon  sauf d’ avoir provoqué chez plusieurs d’entre nous des sanglots étranglés . Sous les remparts , aux temps maudits de la guerre , des gens se sont cachés , ont fui les bombardements . Levalet a produit une  installation plus vraie que nature pour illustrer ce thème , d’une façon si réaliste que certaines personnes âgées venues faire la visite n’ont pu entrer dans la salle , tant le choc a été puissant et la compréhension directe . Le projet est désormais établi d’organiser une conférence en l’honneur de ce public-témoin pour que l’idée de  transmission devienne une réalité . 

Des mots pour qualifier le street art : PARTAGE SOURIRE EMOTION LIBERTE 

Levalet Fr MAUSA Neuf-Brisach 2019©VB
Levalet Fr MAUSA Neuf-Brisach 2019©VB

Le MAUSA pratique  

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 19h 

Tarifs : 10€

Réduit : 8€

Groupe : 7€

Gratuit – 10 ans 

Pass annuel illimité de date à date 45€

Visite guidée tous les jours à 16h durée 1h30 sans supplément ni réservation .

Visite guidée + atelier 15€

Adresse : MAUSA

Place de la porte de Belfort 68600 NEUF-BRISACH

Denis Meyers portrait Jeanine Klee MAUSA Neuf-Brisach 2019©VB
Denis Meyers portrait Jeanine Klee MAUSA Neuf-Brisach 2019©VB
Partager cet article :