105 511 entrées 35000 visiteurs pour cette 20ème édition de la Nuit des Musées bâlois

La jeunesse (<26) apprécie toujours autant la gratuité à la Nuit des Musées de Bâle 

20 ans , c’est le bel âge : les 27 musées impliqués pour cette édition ont su attirer un public toujours enthousiaste bien que moins nombreux que l’an passé  , environ 8 % de moins qu’en 2019, année record. Avec près de 25 000 entrées, les 11 institutions hôtes ont accueilli, quant à elles, bien plus de visiteurs que l’année précédente (17 000 en 2019). Comme les années précédentes , les organisateurs de la Nuit des musées bâlois ont pris soin des visiteurs francophones en proposant de nombreuses activités en langue française , bien que l’on puisse regretter que le livret de programmation de la Museumsnacht soit dispensé exclusivement en allemand. Ainsi , parmi les activités proposées , le musée d’Anatomie invitait à la séance Star Wars au bloc opératoire , le musée des Antiquités à la fabrication d’un cornu ( instrument à vent romain )suivie d’ un cortège en ville , le Klingental offrait un aperçu du chantier de construction , on a pu à nouveau assister à un concert de l’orchestre symphonique de Bâle dans la chapelle du Münster ou à un concert folk dans le cloître ;  pour la première fois les membres du gouvernement  bâlois accueillaient le public pour des selfies dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville , le Cartoonmuseum a construit une soirée autour du dessinateur genevois Tom Tirabosco accompagné d’un concert rap -électro avec Jonas Brülhart ( le fils de Tom)  et  Gabriel Scotti  à la clé. Question musique , nous avons été servis également à la Fondation Beyeler qui s’est transformée en musée chantant  ou au musée juif de Suisse avec un concert de musique yiddish suivi de celui de Yuriy Gurzhy style punk et hymnes révolutionnaires  ;  chacun a pu tester ses compétences en matière de danse à la Kaserne ; les amateurs d’échecs ont pu se mesurer sur un jeu à grande échelle créé par l’artiste Yves Bingert, la Maison des Arts Electroniques a organisé une visite guidée de l’exposition Making Fashion Sense ; sans compter les nombreux ateliers proposés dans la plupart des musées  etc etc…

Save the date : la 21ème Nuit des Musées aura lieu le vendredi 22 janvier 2021. 

Ling Tan Supergestures HEK Nuit des musées 2020 ©VB
Ling Tan Supergestures HEK Nuit des musées 2020 ©VB

Focus HEK : exposition consacrée à la métamorphose de la mode par la technologie jusqu’au 8 mars 2020

Le HEK , la Maison des Arts Electroniques présente une série de vêtements intelligents qui réagissent à l’environnement, ainsi que les tendances écologiques actuelles dans l’industrie de la mode . Réalité mixte, bras robotisés, hologrammes et drones défilent déjà sur les podiums internationaux. Making FASHION Sense s’interroge sur la transformation fondamentale du processus créatif de la mode par la technologie, ainsi que sur les nouvelles voies qu’elle offre aux artistes pour s’inscrire dans une démarche durable : pour une mode qui a du sens.

 

L’exposition étudie la technologie comme outil de transformation, aussi bien pour les artistes et les designers que pour les personnes qui portent leurs vêtements .Les matériaux hyperfonctionnels capables de recueillir nos données biométriques font désormais partie de notre quotidien, notamment dans le domaine du sport. Cette exposition se consacre aux artistes et aux designers qui conçoivent des objets de «mode augmentée» qui encourageant une nouvelle perception du monde qui nous entoure, favorisant l’interaction sociale et suscitant la réflexion. 

Un vêtement sait inspirer confiance et courage, il peut apporter du réconfort, peut vous consoler tout comme il peut provoquer un malaise corporel. Il peut imposer une monotonie uniforme ou favoriser l’expression artistique. Est-ce que la technologie permet de repenser et reconfigurer le système de la mode, peut-elle reconfigurer non seulement nos gestes, notre bien-être, notre rapport aux autres, mais aussi nos perspectives en matière de création ? Ces artistes et designers nous font découvrir des créations qui, à travers la technologie, transforment non seulement nos silhouettes, mais aussi nos systèmes de production.  Certains travaux ont vu le jour spécialement pour l’exposition, telles que les nouvelles œuvres de Freya Probst, BioBabes et TheKnitGeekResearch.

 

Commissaires d’exposition : Sabine Himmelsbach et Katharina Sand Artistes et designers : Alfatih, Salome Asega, Robbie Barrat, BioBabes, Hussein Chalayan, Carole Collet, Clara Daguin, Charleen Elberskirch, Clara Escalera, Ying Gao, Christophe Guberan, Adam Harvey, Jun Kamei, Kazuya Kawasaki, Flora Miranda, Yuima Nakazato, Freya Probst, Ling Tan, TheKnitGeekResearch, Giulia Tomasello, Iris van Herpen

HeK (Maison des Arts Électroniques de Bâle)

 

La Maison des Arts Électroniques de Bâle (HeK) est dédiée à toutes les formes d’art qui s’expriment à travers les nouvelles technologies et les nouveaux médias. Son programme diversifié, proposant expositions, petits formats de festivals, performances et concerts, s’empare de thématiques et de problématiques de société actuelles, s’interrogeant également sur les évolutions technologiques et esthétiques. Outre son activité d’évènements et d’expositions, la HeK s’investit dans la définition de méthodes de collection et de conservation pour les arts numériques

Wang Bing 2017 HEK Nuit des musées 2020 ©VB
Wang Bing 2017 HEK Nuit des musées 2020 ©VB

Focus Kunstmuseum Basel Gegenwart , Exposition Circular Flow
De l’économie des inégalités jusqu’au  3 mai 2020

Commissaire : Søren Grammel avec Stefanie Thierstein, Philipp Selzer et Eva Falge

Changement climatique et pollution environnementale, guerres régionales et conflits relatifs à la répartition, chômage de masse, répartition inégale des richesses, nationalisme : face aux nombreux problèmes qui poussent des millions d’individus à migrer malgré eux, de plus en plus de gens s’interrogent sur les conséquences sociales, écologiques et politiques de ce processus complexe que l’on désigne communément sous le terme de « mondialisation ». L’exposition Circular Flow. De l’économie des inégalités réunit au Kunstmuseum Basel | Gegenwart 15 approches artistiques qui explorent les principes de l’économie parallèlement à ces problématiques sociétales. Des œuvres anciennes de la collection du Kunstmuseum permettent en outre d’établir des liens entre les périodes coloniales et postcoloniales de la mondialisation. Ce projet ne met en cause ni l’idée ni la réalité d’un monde interconnecté à l’échelle politique, économique et culturelle, mais tend au contraire à renforcer les approches sociétales favorisant une mise en œuvre socialement juste et écologique du processus de mondialisation. La critique du système capitaliste qui a fait du monde une marchandise constitue le cœur du débat.

 

L’exemple des migrations 

Un chapitre de l’exposition est consacré au lien entre les causes contraignant toujours plus d’individus à fuir leur pays et la dynamique impériale sans précédent qui a mené au déploiement de l’Europe aux XVe, XVIe et XVIIe siècles et qui marque le monde politique jusqu’à aujourd’hui. En raison de l’actualité brûlante de ce thème, l’exposition commence par l’image du camp, plus précisément du camp de réfugiés. En haut/en bas, à l’intérieur/à l’extérieur, ouvrir/fermer – le système du camp cristallise, d’un point de vue pratique et métaphorique, les contradictions de la politique actuelle. Fin 2018, plus de 70 millions de personnes se trouvaient en situation de fuite de par le monde. Parmi celles-ci, seules 3,5 millions ont déposé une demande d’asile dans des pays membres de l’UE à partir de 2015. Pourtant, en mars 2016, l’accord UE-Turquie a été signé en raison de fortes pressions politiques. Depuis, 20 000 personnes (donnée de septembre 2019) attendent dans des « centres de premier accueil » sur les îles de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos conçus à l’origine pour accueillir 6 500 personnes. Violences (sexuelles), criminalité, incendies et émeutes ponctuent le quotidien dans ces camps surpeuplés.

 

Durant un séjour de plusieurs années en Grèce, l’artiste irlandais Richard Mosse (*1980) a filmé le centre de « Moria » à Lesbos, visé par de nombreuses critiques, à l’aide d’une caméra de surveillance infrarouge utilisée par l’armée. Cette technologie est capable de rendre très nettement la chaleur corporelle que dégage un homme se trouvant à 30 kilomètres. Les personnes ainsi filmées ne sont pas perceptibles sous la forme d’individus, mais comme des figures abstraites produites par leur image thermique.

 

L’exemple des ressources 

D’autres artistes s’intéressent à l’existence d’interdépendances complexes entre l’économie et la politique sous l’angle du commerce mondial des matières premières ou des brevets portant sur des ressources vitales comme les semences (Andreas Siekmann), les terres rares (Lisa Rave) ou l’eau. L’œuvre Petropolitics conçue par le duo d’artistes Bureau d’Études pour l’exposition est consacrée aux développements passés et présents du commerce international du pétrole depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours. Les artistes ont pour habitude de transcrire leurs résultats sous forme de cartographies et de diagrammes visuels qui sont ensuite publiés. Pour le Kunstmuseum Basel, ils ont réalisé une tapisserie murale mesurant plus de 14 mètres de longueur.

 

L’exemple du monde du travail 

Une autre section de l’exposition accorde une place centrale aux changements dans le monde du travail dont la compétitivité internationale, qui s’inscrit dans le sillage de la réduction des obstacles au commerce à l’échelle mondiale, en constitue le leitmotiv.  Tandis que le travail ne cesse de se caractériser par des emplois et des services postfordistes dans les anciens pays industrialisés, la délocalisation de la production dans d’autres parties du monde a mené à l’émergence d’un nouveau prolétariat à bas salaires. Le documentariste chinois Wang Bing témoigne de cette réalité à travers son œuvre 15 Hours (2017). Wang y suit un groupe de travailleur.euse.s dans une usine textile de la province chinoise du Zhejiang. En employant simultanément 300 000 travailleurs migrants, le complexe dépasse les proportions d’une petite ville européenne. Rémunérés à la tâche, les ouvriers fabriquent des milliers de vêtements, de 8h à 23h, sept jours par semaine. D’une durée de 15 heures – qui met autant au défi la patience du visiteur de musée que les horaires d’ouverture d’une institution artistique – le film correspond exactement à la durée d’une tranche horaire habituelle de travail posté.

 

Le film de Wang rappelle que les inégalités ne sont pas seulement un aspect de l’économie globale, mais qu’elles en constituent le principe fondamental. Ainsi, selon le Global Wealth Report du Credit Suisse, le décile le plus riche de la population mondiale adulte détenait l’an dernier 85% du total de la richesse mondiale (le 1% le plus riche en détenait 47% à lui seul). Les 64% les plus pauvres de la population mondiale se partagent inversement 2% de la richesse mondiale.

 

Liste des artistes
Pour illustrer ces problématiques liées à la mondialisation et d’autres encore, l’exposition présente des œuvres de Ursula Biemann, Bureau d’Études, Alice Creischer, Simon Denny, Melanie Gilligan, Ulrike Grossarth, Jan Peter Hammer, Fred Lonidier, Richard Mosse, Marion von Osten, Lisa Rave, Claus Richter, Cameron Rowland, Andreas Siekmann et Wang Bing.

 

Tom Tirabosco Cartoonmuseum Basel 2020 ©VB

Tom Tirabosco star de la Nuit des Musées au Cartoonmuseum de Bâle 

Décidément , le Cartoonmuseum de Bâle nous gâte ! Après Jacques Tardi et Joann Sfar , Tom Tirabosco s’installe en terre alémanique Helvète .Une fois n’est pas coutume , pour célébrer son 40ème anniversaire , le Cartoonmuseum de Bâle a mis la Suisse Romande à l’honneur en conviant le dessinateur genevois . Wonderland au Cartoonmuseum , est une référence  à l’album  éponyme auto-biographique de Tom Tirabosco mais aussi une allusion railleuse à ce que nous avons fait de notre monde avant d’être un hommage à l’enfance perdue ( regrets éternels ) portée par la jeune Alice de Lewis Caroll . L’album édité en 2015 est un éclairage indispensable pour qui souhaiterait comprendre le cheminement du dessinateur, d’où lui vient sa propension au sentimentalisme , son implication furieuse dans le discours sur la préservation / dégradation de notre planète , son amour de la peinture baroque , son frère Michel en Saint-Sébastien , la visite avec son père de l’atelier du Titien  en conversation houleuse hautement philolosophique  avec Giorgo Vasari à propos de ce gros lourdaud de Michel-Ange et de la source véritable de la beauté dans ce monde : Dieu ou la nature .  Il faut copier la nature , mais de manière virile ! on est pas des lopettes ! Ainsi parle Tonio Tirabosco , le père de Tom . Oui , Wonderland est un album sèrieux et drôle tout à la fois. Si l’on y plonge , on devient invincible , inatteignable , même si une pieuvre géante songe à vous attaquer. Lorsqu’on retrouve Michel Tirabosco  au fil des pages , il est devenu musicien , il joue du Naï ( flûte de pan ). Aujourd’hui, Tom et Michel organisent  ensemble régulièrement des dessins-concerts .

 

Tom Tirabosco Exposition Wonderland RC Oeuvres réalisées pour le Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco
Tom Tirabosco Exposition Wonderland RC Oeuvres réalisées pour le Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco

RENCONTRE AVEC TOM TIRABOSCO 

Tommaso Tirabosco ressemble comme deux gouttes d’eau à son auto-portraît : grand garçon affable au sourire malicieux prêt à rire de tout , sauf quand on aborde la question du comportement de ses contemporains avec la planète , notre terre nourricière :  nous les (in)humains ,une bande de p…irresponsables et sans conscience . Bon , le ton est donné mais parlons d’abord des choses qui ne fâchent pas ! 

VB : bonjour Tom , alors , comment êtes-vous tombé dans la joyeuse marmite de la BD ?  

TT : je n’y suis pas tombé , ma formation tient à l’ admiration  que je portais aux  grands maîtres  tels Bruegel, le Titien et Véronèse  et qui m’a naturellement amené à  étudier à l’Accademia di Belle Arti di Venezia et plus tard à l’École supérieure des arts visuels de Genève. J’ai pourtant rapidement abandonné toute figuration pour produire des oeuvres monochromes grises , peut-être une façon de m’opposer à la vision ultra classique et traditionnelle de mon père qui a toujours montré un grand mépris vis-à vis de l’art contemporain ( les plus grands artistes de l’histoire sont italiens …et ils ont des couilles ! Pas comme ces français efféminés qui ne savent peindre que des tâches …Extrait de Wonderland )

Du fait de ma formation  , en tant qu’illustrateur et dessinateur,  je me sens plutôt proche de la peinture . Mais , le secret est détenu par ceux qui savent rester en contact avec l’enfance  car tous les fants dessinent mais il y a ceux qui arrêtent et ceux qui continuent . 

VB : vous êtes adepte de la technique du monotype , dites-nous en davantage 

TT: oui , habituellement , cette technique se pratique sur des plaques de verre. J’utilise pour ma part le caoutchouc comme support qui donne un aspect plus …moelleux et plus de liberté . J’aime le monotype car il laisse des imperfections , des tâches avec lesquelles on peut jouer , je réhausse souvent mon travail  dans un deuxième temps avec des pastels blancs ;
 
VB : ça peut paraître très long et méticuleux comme méthode pour un album de 230 pages comme  Femme sauvage , non ? TT: non , pas vraiment , je suis assez rapide ; ce qui peut-être fastidieux et laborieux  , c’est de mettre en place le récit , le rythme, tout le travail de mise en scène  ; cette technique du monotype m’oblige à simplifier , je dois esquisser , je ne dessine pas un train à la façon de Moebius ou sur le modèle Blueberry , je dois aller à l’essentiel et comme je suis un grand maniaque , cette auto-discipline me va . La réalisation finalement est assez rapide et ça tombe bien car ce qui m’intéresse le plus est de raconter des histoires .
 

VB : qui sont ceux qui vous ont influencé ou guidé dans l’accomplissement de votre métier de dessinateur ?TT : jeune , j’étais fan de Disney . Mais, la nature est pour moi une source inépuisable d’inspiration , je lisais Tintin ou Rahan mais aussi La vie privée des animaux qui me fascinait . Le maître incontesté reste Hergé , d’ailleurs , mon album Femme sauvage est un clin d’oeil à Tintin au Tibet .

VB : vous êtes un artiste très concerné par les questions d’environnement et d’écologie , considérez-vous avoir une mission didactique ? 

TT : le rôle que nous avons est de rapporter notre époque , par exemple , le message de Femme sauvage pourrait être une mise en garde des conséquences de notre relation à la nature qui est un désastre.

VB : vous n’êtes pas très optimiste en ce qui concerne l’avenir de la planète , on le voit bien dans Wonderland qui ne porte pas si bien son nom , ça fait même de vous souvent un homme en colère ; vous êtes heureux malgré tout ? 

TT : dans la vie , je suis d’un naturel joyeux , j’aime rire , mes enfants ( son fils musicien joue ce soir au Cartoonmuseum une partition rap sur ses dessins )  , boire un verre avec les copains …mais les questions liées à notre environnement me rendent fou de rage car nous sommes responsables de notre propre déconfiture, des dégradations climatiques , de la disparition d’espèces animales par milliers  .

VB : on imaginerait facilement des adaptations filmées des albums , notamment pour la femme sauvage. 

TT : oui , il y a un projet à l’heure actuelle ou en tout cas une option pour un long métrage , c’est encore un peu tôt pour en parler.

VB : on a hâte ! Tom , que faites-vous aujourd’hui pour participer au sauvetage de la planète qui vous préoccupe tant ? 

TT : eh bien , je me suis lancé dans la permaculture !

Note pour nous autres ignorants : permaculture ou bien culture permanente , c’est-à-dire (re)créer un sol vivant en amenant de la matière organique en vue de cultures potagères par exemple. On retrouve de la vie en terre , des vers , des insectes …ce qui est très bénéfique pour les légumes .

«  A l’âge de 15 ans , je vivais sans ordinateur et sans écrans tactiles …C’était avant les OGM, les nanos-technologies et le climat qui se dérègle…C’était avant que la machine ne s’emballe . » Extrait de Wonderland.

Tom Tirabosco Exposition Wonderland Etage 2 La Femme sauvage Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco
Tom Tirabosco Exposition Wonderland Etage 2 La Femme sauvage Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco

Deux ou trois choses que nous devrions connaître de TT:

Nominé du dernier Prix Töpffer pour «Femme sauvage», paru en 2019 chez Futuropolis. 

TT peut être aussi dessinateur de presse mais prend soin de rester consensuel , il a raison , il ne fait plus très bon être caricaturiste politique de nos jours ( Salut Charlie , où que tu sois  ) 

TT a bon gout , il a confié son crayon à Inrockuptibles ou à Libération mais aussi à la Tribune de Genève un temps.

TT est en outre un auteur sensible de livres pour enfants , les tonk et les iiiik sont foison pour soutenir les images .

TT a co-fondé la SCAA ( Swiss Comics Artists Association ) de Genève dont il est président . Il a créé en 2016 l’ESBD (Ecole supèrieure de bande dessinée et d’illustration de Genève )où il enseigne. Partenariat avec la Haute école d’art et de design de Genève et l’association professionnelle suisse des auteurs de bande dessinée.

TT est adepte de la technique sophistiquée du monotype à sa façon , c’est à dire sur caoutchouc en lieu et place du verre.

Kongo», est inspiré de Joseph Conrad en 2013,  résolument anti-colonial, «Wonderland», 2015, la vie de ( sa ) famille où l’on découvre l’influence déterminante du père Tonio Tirabosco sur les orientations artistiques des frères Tom et Michel en dépit de ses opinions tranchées et de ses préjugés discutables. Femme sauvage , anticipation contemporaine : une histoire triste calée entre Blade Runner et Soleil vert dans laquelle le soleil semble avoir déserté les lieux après une guerre civile inévitable et où il ne resterait d’active que la fange de l’humanité que l’héroïne s’évertue à fuir pour mieux la combattre. Elle croise sur son chemin l’Ours juste avant qu’il ne soit abattu par des chasseurs aussi bien nourris qu’alcoolisés puis la femme sauvage . Elle énonce les règles de survie : garder toujours ses chaussures et un couteau à proximité , trouver à s’abriter avant que la nuit ne tombe , se nourrir pour garder des forces et rejoindre les Rebels. 

Exposition à découvrir jusqu’au 8 mars 2020 au Cartoonmuseum Basel

Tom Tirabosco Exposition Wonderland Etage1 Les portraits Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco
Tom Tirabosco Exposition Wonderland Etage1 Les portraits Cartoonmuseum de Bâle 2019 ©Tirabosco
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