Le banquet de Mathilda May Théâtre la Coupole saint-Louis Photo VB
Le banquet de Mathilda May Théâtre la Coupole saint-Louis ©VB

Ils sont là , ils sont tous venus ! Célébrons l’union sacré-ment foutraque des jeunes mariés

Bon , on a un peu mal aux zygomatiques en sortant de la pièce de Mathilda May , mais voilà une souffrance qui fait du bien . Ils sont dix en comptant les jeunes mariés , on pourrait même dire 11 en y ajoutant le décor . Chez Mathilda May , on a le sens de la fête , aucun doute .

L’histoire semble vécue tant la galerie de personnages nous est familière . Il y a celui qui arrive pile à l’heure c’est-à-dire trop tôt , embarrassé de lui-même ne sachant où se poser , la mère de la mariée sapée façon sapin de Noël , tous attributs en extèrieur histoire de retenir l’inexorable fuite du temps , la copine de la mère totalement extravertie portant haut la choucroute et son chihuahua sous le bras, le beau-père à la main baladeuse ou gifleuse , c’est selon , le DJ sans complexe bien que desynchronisé , la mariée qui rit qui pleure qui tache sa belle robe , les copines , l’une échappée des années 70 vaguement hippie armée de son panier en osier , l’autre venue avec son bébé en guise de tenue de fête , le photographe suréquipé toujours mal à propos… 

Le tableau est hilarant et rappelle comme les banquets d’après noces tournent facilement au grand n’importe quoi , l’art de Mathilda May étant de piquer là où ça fait rire . Par exemple : qui dit banquet dit buffet , mais ici impossible d’atteindre celui-ci en une seule fois , l’assaut doit être finement calculé, les pique-assiettes sont à la peine . Ou bien , le discours du père , interminable – mon moment préféré – mortellement ennuyeux provoquant une léthargie collective et une scène digne d’une BD dont Gotlib aurait pu croquer en gloussant chacun des convives figés dans la position de celui qui cherche désespérément la meilleure posture pour ne plus entendre le lénifiant causeur : une scène d’anthologie .

Comme dans chaque banquet , à la fin , ou au milieu , ou n’importe quand – tout dépend du degré d’alcoolisation de l’assemblée décomplexée – on chante et on danse …et on cause ! Enfin , chez Mathilda May , ça pérore sec mais difficile de comprendre en quelle langue échangent les joyeux noceurs mais ça n’a aucune importance car on comprend parfaitement de quoi il retourne . Parfois même , certains rencontrent l’amour . Souvent , on oublie la mariée qui traverse un grand moment de solitude dans la plus grande indifférence . Il n’y a aucun moment perdu dans cette pièce burlesque où plane l’ombre de Buster Keaton , Mathilda May continue d’épingler les vices cachés de notre belle société . Bravo ! 

Le banquet de Mathilda May Théâtre la Coupole saint-Louis ©VB
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