22 ème édition d’une tradition fort suivie : le petit-Bâle fait son cirque personnel

Hier 10 janvier , si vous étiez en balade vers Matthäuskirchplatz , vous auriez pu y croiser une ourse grandeur nature et même entamer quelques pas de danse avec la belle oursidée jusqu’à la Kaserne pour y casse-crouter un petit en-cas en famille . Oui , beaucoup d’enfants se pressent pour approcher la dame . L’idée est pourtant purement politique puisqu’il s’agit de montrer son hostilité vis-à-vis du Vogel-Gryff , autre joyeuseté traditionnelle bâloise – 13 janvier cette année -, on fait ce qu’on peut pour patienter jusqu’au Fasnacht !

Qu’en est-il ? 

La coutume est devenue un succès incontournable adoptée par le grand public d’après Felix Labhart, initiateur du jeu du Bärentag, le Petit-Bâle a maintenant son jour . L’idée serait de contribuer activement à une meilleure coexistence au Petit-Bâle ».

En fait, la société des ours ne se limite pas à la danse des ours. Entre-temps, elle a également lancé toute une série de projets visant à promouvoir l’intégration. Par exemple, le projet « Bärenjass », qui vise à faire connaître ce jeu typiquement suisse aux immigrés.

Le point culminant de la Journée de l’ours est la fête de l’ours à la Kaserne. Là, des personnes de cultures et de religions différentes devraient se rencontrer et entrer en contact les unes avec les autres. 

On danse …et on chante avec l’ourse , en musique car la dame est accompagnée par le tambourin et le Büchel en bois genre de trompette,  instrument archaïque de la vallée de la Muota . L’ourse fait des haltes dans différentes institutions , suivi par les gamins qui récoltent quelques pièces dans leur escarcelle. 

Après plusieurs heures de danse, tout le monde se retrouve à la Kaserne pour déguster le bien mérité  « Bährenmähli ». 

Alternative à l’oiseau Gryff

C’est cette ouverture que tout le monde apprécie le jour de l’ours. Alors que chez Vogel Gryff, ce sont des hommes sélectionnés qui sont au centre de l’attention, le jour de l’ours, c’est toute la population qui est concernée. Cette différence trouve son origine dans la légende de l’ours. «  La Journée de l’ours est un complément et une alternative à l’oiseau Gryff « 

 

 

La Légende de l’ourse du Petit-Bâle

Les trois insignes d’honneur du Petit-Bâle – Vogel Gryff, Leu et Wild Maa – sont rejoints par un grand ours noir. Pourquoi un ours ? La fondation de la Gesellschaft zum Bären en été 1998 remonte à une vieille légende.
Avec l’exclamation quasi-magique « dr Vogel Gryff », les Bâlois appellent leur « événement national », le défilé annuel des Trois blasons qui a lieu régulièrement en janvier depuis 1797.

Le Vogel Gryff est l’une des coutumes les plus impressionnantes qu’une ville suisse puisse offrir à notre époque. Les principaux protagonistes de cette fête populaire du Petit-Bâle sont les détenteurs des armoiries des trois sociétés d’honneur : le Vogel Gryff de la Gesellschaft zum Greifen, le Wilde Mann de la Gesellschaft zum Haeren et le Leu de la Gesellschaft zum Rebhaus. En tant que créatures mythiques et figures symboliques, ils proviennent du domaine de la mythologie. Leur apparence remplit les gens d’admiration et de crainte, et leurs pouvoirs surnaturels suscitent la reconnaissance, la vénération et la glorification.

Dans le restaurant « Schwarzer Bären » est accroché un tableau avec quatre décorations du Petit-Bâle. Mais une seule légende a été transmise au sujet du quatrième animal héraldique : Il y a de nombreuses années, lors de la journée du Vogel Gryff, un grand ours noir a parcouru le Petit-Bâle avec l’oiseau Gryff, le Sauvage et le Leu. Il était l’animal héraldique de la Gesellschaft zum Bären et une figure symbolique pour le Petit-Bâle libre, ouvert et indépendant.
L’ours était le chouchou des femmes, des hommes et des enfants de Kleinbasel. La « Gesellschaft zum Bären » était principalement composée de personnes qui n’occupaient pas de hautes fonctions. Mais cette société a eu beaucoup d’influence au Petit-Bâle. Parce qu’il était si populaire, il pouvait faire beaucoup. Elle a permis de faire en sorte que les pauvres ne soient pas contraints de geler en hiver et que personne à Petit-Bâle ne souffre de la faim. Grâce à la Société des Ours, certaines personnes du Petit Bâle ont pu s’exprimer publiquement sans être brûlées sur le bûcher. C’est grâce à la Société des Ours que la différence entre riches et pauvres dans le Petit Bâle n’était pas aussi marquée que de l’autre côté du Rhin. / Texte extrait du site de la GESELLSCHAFT ZUM BÄREN

Mais certains habitants du 3-E du Petit-Bâle en ont eu assez des ours. Ils ne voulaient pas avoir à faire preuve de considération pour ceux qui n’en avaient pas autant qu’eux. Un jour de Vogel-Gryff, les conspirateurs ont frappé ! Lors de la dernière marche des quatre décorations d’honneur dans la Rheingasse, ils saisirent le grand ours noir, l’attachèrent et le jetèrent dans le Rhin glacé.

Peu de temps après, la société a été dissoute. Ses adeptes n’étaient plus autorisés à se montrer en public. Tous les dossiers faisant référence à l’Association ont été brûlés. La maison de la société au Schafgässlein a été vendue. La société a été liquidée de l’histoire de la guilde du Petit-Bâle !

De plus en plus, l’ours tomba dans l’oubli. Mais l’ours noir n’était pas mort ! Dans le sol de l’ancienne maison de la société, dans le restaurant « Black Bear », on a entendu des bruits étranges. Si on y prêtait attention, on les reconnaissait clairement comme des pas de danse. Plus le jour de Vogel-Gryff approchait, plus ces pas devenaient bruyants. C’est donc là que vivait l’esprit de l’ours noir. Il a dû constater avec tristesse que les descendants des frères de la société qui l’avaient jeté dans le Rhin transformaient de plus en plus le Vogel Gryff en un club des grands, dans lequel le désir de reconnaissance, les relations, l’argent et les affaires comptaient plus que la société et les questions sociales.

Mais en 1998, l’ours est réapparu. L’équipe médicale du cabinet Kleinbasler Hammer avait invité à une fête sous le Johanniterbrücke. Les invités ont été très étonnés lorsque, peu avant minuit, un grand ours noir a trotté hors de la rivière et, accompagné par le son des tambours et du büchel, s’est mis à danser. Ce soir-là, la « Gesellschaft zum Bären » a été fondée. Lors de la Journée de l’ours en janvier 1999, l’ours a dansé pour la première fois dans les rues du Petit Bâle, à la grande joie de nombreux enfants.

L'ourse de Klein Basel 2020 Photo VB
L'ourse de Klein Basel 2020 ©VB
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