GLADIATOR. BAS LES CASQUES!  à l’Antiken Museum du 22.09.2019  au 22.03.2020

Visites publiques en français : chaque 3ème dimanche du mois à 14h

Dr Esau Dozio curateur  Paolo Giulierini Musée Archeologique de Naples Andrea Bignasca Directeur Antikenmuseum Lilian Raselli Directrice Augusta Raurica  Dani Suter Augustra Raurica Photo VB

Dr Esau Dozio curateur Paolo Giulierini Musée Archeologique de Naples Andrea Bignasca Directeur Antikenmuseum Lilian Raselli Directrice Augusta Raurica Dani Suter Augustra Raurica©VB

Gladiateurs et gladiateures ( plus rares certes )ou l’art de mourir chez les romains : la vraie histoire.

Casque caserne Pompeï Musee Archeologique de Naples©VB

Casque caserne Pompeï Musee Archeologique de Naples©VB

Vous savez déjà tout sur les gladiateurs? Laissez-vous surprendre! Contrairement aux idées reçues, les gladiateurs n’étaient pas juste des esclaves destinés à mourir dans l’arène, ils représentaient aussi une part de l’identité romaine. L’exposition temporaire « Gladiator. Bas les casques! » présentée par l’Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig et réalisée en collaboration avec le Museo Archeologico Nazionale de Naples ainsi que la Römerstadt Augusta Raurica à Augst dévoile, à travers des prêts exceptionnels, les dernières découvertes scientifiques et l’histoire passionnante de ces hommes courageux qui, par leur travail acharné, parvinrent à trouver une place dans la société romaine.

Cette grande exposition temporaire porte un nouveau regard global sur les combats de gladiateurs en considérant les aspects rituels, éthiques, sociaux et politiques du phénomène. L’exposition débute en Grèce, où les aristocrates offraient des combats individuels pour rendre hommage aux morts dans le cadre de rites funéraires. Dans le monde romain également, les combats de gladiateurs faisaient initialement partie de célébrations en l’honneur des défunts, mais avec l’apparition des amphithéâtres, ils se transformèrent rapidement en de véritables spectacles grâce auxquels l’organisateur espérait gagner les faveurs du peuple.

Les gladiateurs étaient des prisonniers de guerre, des esclaves, des criminels condamnés, mais aussi des hommes libres de couches sociales inférieures. Ils étaient particulièrement bien soignés et entraînés de manière professionnelle. Ces combattants de l’arène incarnaient d’importantes vertus romaines comme en témoignent les œuvres littéraires de Cicéron et Sénèque. Le courage, la bravoure et le mépris de la mort montraient au public la virtus avec laquelle les Romains bâtirent leur pouvoir. Les combats faisaient office de modèles: ils transmettaient en premier lieu des messages politiques et moraux, mais ils symbolisaient également la frontière des forces du mal et des peuples barbares. Les gladiateurs étaient répartis par paires coordonnées de façon à ce que chaque participant ait une chance de l’emporter. Le duel était soumis à des règles strictes et dirigé par un arbitre. L’exposition présente les différents couples de gladiateurs ainsi que leurs armes avec des originaux exceptionnels provenant d’Italie.

Un gladiateur originaire de Suisse?

Qui étaient les hommes derrière les casques? D’où venaient-ils? À quoi ressemblaient leur vie et leur quotidien? Les résultats d’études menées sur des ossements découverts dans le cimetière de gladiateurs à York en Angleterre ainsi que des sources antiques fournissent de passionnantes informations. Par exemple, l’analyse isotopique de l’un des squelettes a révélé que le défunt provenait d’une région de haute altitude riche en roches calcaires. Des comparaisons avec d’autres contextes de découverte suggèrent que l’individu serait originaire des Préalpes suisses.

La mosaïque des gladiateurs découverte à Augst

Augusta Raurica, située à environ 10km de Bâle, était le centre de l’actuelle Regio Basiliensis. À son apogée, elle comptait pas moins de 10’000 à 15’000 habitants et son infrastructure, très développée, renfermait un amphithéâtre dans lequel se déroulaient les célèbres jeux de gladiateurs. L’admiration vouée aux combattants de l’arène est représentée dans une magnifique mosaïque découverte en 1961 à l’intérieur d’une somptueuse villa d’Augusta RauricaElle date de la fin du 2e siècle de notre ère . L’exposition présente la mosaïque, tout juste restaurée et en quasi intégralité, pour la première fois au public depuis sa découverte . Les populaires combats de gladiateurs ont non seulement servi de divertissement mais ils ont également démontré le pouvoir et la supériorité de l’empire romain. Et cela certainement aussi à Augusta Raurica. De nombreux graffitis provenant de toute la ville témoignent de manière générale de la grande importance des idoles sportives auprès de la population.

Faute d’espace, il n’a jamais été possible de présenter la magnifique mosaïque mesurant 6,55 x 9,80 mètres dans son intégralité. Ainsi, les différents panneaux qui avaient dû être démontés lors de la dépose de la mosaïque, végétaient dans différents endroits d’exposition et dans des dépôts éloignés. Seul le soutien considérable de l’Office Fédéral de la Culture (OFC) a permis une restauration complète dans des laboratoires spécialisés d’Avenches (VD).

La mosaïque restaurée d'augusta Raurica à l'Antikenmuseum Basel 2019 Photo VB

La mosaïque restaurée d’augusta Raurica à l’Antikenmuseum Basel 2019©VB

Des gladiateurs colorés et détaillés sont présentés en duel dans cinq champs – un sixième est perdu. Les gladiateurs étaient des combattants hautement spécialisés, formés dans diverses disciplines de combat. Sur la mosaïque d’Augusta Raurica, on reconnaît le murmillo lourdement armé avec l’épée courte et droite, le thraex avec l’épée courte pliée, le rétiaire avec filet et trident, le hoplomachus avec sa lance et le secutor – également lourdement armé, mais avec le casque presque fermé. Les deux combattants en tunique sont deux equites, c’est-à-dire des cavaliers gladiateurs, qui sont dans ce cas descendus de cheval pour se battre à pied.

Un partenariat international et régional solide

L’exposition, réalisée avec deux partenaires principaux, combine d’importantes découvertes et chefs- d’œuvres provenant à la fois de l’Italie romaine et d’une province de la Suisse actuelle: l’antique centre du pouvoir et sa périphérie réunis à nouveau dans ce qui fut jadis la ville romaine de Bâle.

Maison Actius Anicetus Pompeï 59 aJC Détail Musee archeologique de Pompeï  Expo Gladiators Antikenmuseum Basel Photo VB

Maison Actius Anicetus Pompeï 59 aJC Musee archeologique de Pompeï Détail ©VB

Grâce à cette collaboration avec le Museo Archeologico Nazionale di Napoli, l’Antikenmuseum renouvelle son partenariat clé avec l’Italie. En effet, cette institution qui possède sans doute la plus importante collection romaine au monde est aussi probablement l’un des musées les plus réussis et les plus innovants. Parmi les prêts les plus impressionnants, on peut citer le relief illustrant des combats de gladiateurs qui ornait une tombe pompéienne ainsi que la fresque mondialement connue montrant les émeutes entre spectateurs durant les jeux de 59 apr. J.-C. En outre, des armes exceptionnelles provenant de Pompéi et conservées à Naples sont exposées dans leur intégralité pour la première fois hors d’Italie. De magnifiques décorations d’amphithéâtres sont représentées entre autres par l’une des plus célèbres sculptures d’époque romaine, la somptueuse Aphrodite de l’amphithéâtre de Capoue.

Concernant Augusta Raurica, le site compte désormais comme un partenaire régional essentiel, qui grâce aux fouilles et aux travaux de recherche, répertorie continuellement les trésors culturels de l’un des sites romains les plus importants de Suisse. Des prêts provenant des plus importants musées et lieux de découverte d’Italie et de Suisse .Outre les objets venus de Naples et d’Augusta Raurica, l’exposition présente également des pièces provenant des villes de Pompéi et de Pæstum. D’autres prêts majeurs nous arrivent de Santa Maria Capua Vetere, où se trouve le deuxième plus grand amphithéâtre au monde, célèbre pour avoir connu la révolte des esclaves menée par Spartacus.

Des œuvres exceptionnelles du Colisée, du Museo Nazionale Romano, du Musée du Capitole, de la Fondazione Sorgente Group à Rome, du Schweizerisches Nationalmuseum Zürich ou encore du York Archaeological Trust sont également à voir. Les découvertes romaines de Suisse sont représentées par des objets remarquables provenant d’Augusta Raurica, d’Aventicum, de Vindonissa ainsi que du Historisches Museum Basel.

Tombe de Nigidius Alleius Maius 79 aJC Musee archeologique de Pompeï Détail expo Gladiators Antikenmuseum Basel ©VB

Tombe de Nigidius Alleius Maius 79 aJC Musee archeologique de Pompeï Détail ©VB

Un projet ambitieux  -coût d’environ deux millions – qui n’aurait pas vu le jour sans le soutien financier de fondations et de dons privés .  Le projet sera présenté sous sa forme actuelle, à partir d’avril 2020, au Musée National Archéologique de Naples.

Relief Pierre tombale Via Ostiense Rome Exposition Gladiators Antikenmuseum Basel  Photo VB

Relief Pierre tombale Via Ostiense Rome Exposition Gladiators Antikenmuseum Basel ©VB

Antikenmuseum Basel

Augusta Raurica 

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