Hodler le faucheur 1910 Fondation Gianadda ©VB
Hodler le faucheur 1910 Fondation Gianadda ©VB

]'ai créé la Fondation Pierre Gianadda pour perpétuer le souvenir de mon frère Pierre, décédé tragiquement le 31 juillet 1976 en portant secours à ses camarades victimes d'un accident d'avion. Depuis lors, la Fondation a accueilli plus de dix millions de visiteurs.

Leonard Gianadda
Fondation Gianadda Albert Anker La gymnastique detail 1879 ©VB
Fondation Gianadda Albert Anker La gymnastique detail 1879 ©VB

Chefs-d’œuvre suisses Collection Christoph Blocher du 6 décembre 2019 au 14 juin 2020
 

L’exposition Chefs-d’œuvre suisses – Collection Christoph Blocher, sous le commissariat de Matthias Frehner, réunit cent vingt-sept œuvres de la remarquable collection de Christoph Blocher, homme d’affaires et ancien conseiller fédéral de la Suisse. Le corpus exposé, représentatif de période héroïque de l’art suisse, embrasse près d’un siècle de création : de la Confédération de 1848 jusqu’à l’époque du jeune Alberto Giacometti. Un sublime panorama qui débute par le réalisme pour finalement s’épanouir dans la peinture moderne figurative.

 

Aux côtés des célèbres peintures d’Albert Anker (1831-1910) et de Ferdinand Hodler (1853-1918), dont Christoph Blocher a réuni depuis 1979 le plus prestigieux ensemble, seront montrées des œuvres d’Alexandre Calame (1810-1864), paysagiste aux atmosphères sereines ou tourmentées, du représentant de la période romantique Giovanni Segantini (1858-1899) qui reproduit l’existence humaine en harmonie avec la nature, et aussi d’Edouard Castres (1838-1902), peintre de sujets militaires et de scènes de genre, de Félix Vallotton (1865-1925), lié au mouvement des Nabis, de Giovanni Giacometti (1863-1933), père du célèbre sculpteur Alberto (1901-1966), qui décrit des ambiances grandioses de montagnes avec des effets de lumière et de couleurs intenses, d’Ernest Bieler (1863-1948), qui dans un style symboliste et réaliste s’attache à rendre le monde paysan du Valais, de Cuno Amiet (1868-1961), coloriste reconnu, d’Augusto Giacometti (1877-1947), d’Adolf Dietrich (1877-1957), de Max Buri (1868-1915)…. 

 

Le parcours se décline en sections distinctes et met ainsi en lumière différents thèmes et genres : paysages, portraits, natures mortes… Pour comprendre l’évolution de l‘art et de ses thématiques, l’exposition débute par un choix d’œuvres représentant des paysages et scènes de genre réalisées à l’époque du jeune état fédéral (1848-1900) par Johann Gottfried Steffan (1815-1905), Alexandre Calame, Edouard Castres, Robert Zünd (1827- 1909), Benjamin Vautier (1829- 1898) et Rudolf Koller. Elle se poursuit sur un ensemble exceptionnel d’œuvres d’Anker (quarante-huit) et de Hodler (quarante-cinq) pour s’achèver sur l’époque moderne suisse représentée par Ernest Biéler, Augusto Giacometti, Segantini, Felix Vallotton, Rodolph Dietrich, Max Buri, Cuno Amiet…

 

 

Les points forts et l’importance de la collection  Extrait de l’essai publié dans le catalogue officiel de l’exposition Matthias Freinher

Christoph Blocher possède une telle quantité d’œuvres  clés  d’Albert  Anker  et  de  Ferdinand  Hodler qu’il est le principal prêteur privé de toute rétrospective de l’un ou l’autre de ces deux grands artistes suisses. En ce qui concerne Anker, ses prêts couvrent tous les thèmes et toutes les périodes de création. Quant à Hodler, sa collection renferme également des œuvres de toutes les périodes de création, mais son point fort, ce sont les paysages. Elle comporte aussi des aperçus représentatifs de l’art de Robert Zünd, Rudolf Koller, Giovanni Giacometti et Adolf Dietrich. À quoi s’ajoutent des ensembles et des œuvres isolées de qualité exceptionnelle d’Alexandre Calame, Édouard Castres, Benjamin Vautier, Johann Gottfried Steffan, François Diday, Karl Girardet, Otto Fröhlicher, Giovanni Segantini et Ernst Stückelberg, notamment. Ces différents artistes donnent un aperçu de l’évolution de l’art et de ses thématiques dans le jeune État fédéral, de 1848 aux environs de 1900. Le premier art moderne suisse qui s’affirme à l’époque suivante est représenté par Ernest Biéler, Max Buri, Cuno Amiet, Ernst Samuel Geiger, Augusto Giacometti, Gottardo Segantini, Félix Vallotton, le jeune Alberto Giacometti et un certain nombre d’autres artistes. Toutes les peintures, aquarelles et dessins de la collection sont figuratifs ; on y trouve toutes les facettes de la reproduction du réel, du réalisme à l’idéalisme, du naturalisme au vérisme, du symbolisme à l’expressionnisme, et jusqu’au réalisme magique. (…).

La reproduction et l’original

Christoph Blocher n’est pas issu ni d’une famille de collectionneurs, ni d’une famille d’artistes. L’art était néanmoins présent sous la forme de reproductions dans le vaste presbytère où résidait la famille à Neuhausen am Rheinfall. Les images que l’on voit quotidiennement lorsque l’on est enfant constituent à l’âge adulte des points de repère de sa mémoire iconographique. Blocher possède aujourd’hui les originaux de certains des tableaux de son enfance, par exemple Le Lac Léman vu de Chexbres peint par Hodler vers 1904, Le chemin d’Emmaüs de Zünd et plusieurs portraits d’enfants d’Anker. Blocher acquit ses premières œuvres originales autour de 1970 (…). En 1979, il acheta son premier Anker aux enchères, le dessin au fusain Knabe mit Brot und Korb. (…) Blocher décida en 1983 de devenir l’actionnaire majoritaire de la Holding Ems Chemie et il procéda pour ce faire à la vente de sa modeste collection Anker. Seul un petit nombre d’œuvres resta à l’époque en sa possession, telles les travaux de Zeller et le Knabe mit Brot d’Anker.

Christoph Blocher ne tarda pas à reprendre ses acquisitions d’œuvres d’art et à racheter, lorsque ce fut possible, les œuvres qu’il avait vendues en 1983. Il acquit rapidement plusieurs œuvres d’Anker: en 1985, Portrait d’un garçon au bonnet et un Portrait d’une fillette, puis en 1986, L’enfant prodigue et Louise Anker tenant sa poupée chez Koller Zurich et Nature morte : café et pommes de terre.

En 1990, l’éventail des thèmes de sa collection Anker était couvert : sujets chrétiens, historiques et contemporains, figures isolées et natures mortes symboliques, et ce de toutes les périodes de création et dans tous les médiums pour chaque genre. Blocher a réalisé pratiquement toutes ses acquisitions sans aucun conseil extérieur. Son épouse joua à cet égard un rôle décisif dès le départ. Pour être acquise, une œuvre devait et doit leur plaire à tous les deux, et si tel n’est pas le cas, ils renoncent à l’acheter. C’est Silvia Blocher qui est pour une grande part à l’origine du choix de Hodler comme second artiste majeur de la collection. (…) Unanimité, l’orateur de 1913 fut ainsi la première œuvre de Hodler qu’ils acquirent aux enchères en 1986. Depuis la deuxième moitié des années 1980, de nouvelles œuvres de Hodler et d’Anker sont entrées chaque année dans la collection : ce furent, en 1988, le premier paysage d’envergure de Hodler, Le Lac léman et les Alpes savoyardes de 1906, et en 1990, Le vieux Huguenot, un tableau d’histoire d’Anker de 1875. Blocher avait également déjà réalisé à cette époque ses premières acquisitions de Vautier, Amiet, Koller, Segantini et Dietrich, dont La tonte des moutons de Segantini, de 1886-1888, et Paysage avec ferme de Dietrich, de 1920.

La vente Stoll

La collection Blocher s’enrichit jusqu’au début des années 1990 de près de vingt-cinq œuvres d’Anker et de quelque dix œuvres de Hodler. Dans les années 1990, collectionner des œuvres d’art devint  une passion pour Christoph Blocher, et les catalogues de vente, sa lecture favorite. La vente des œuvres d’art suisse de la légendaire collection d’Arthur Stoll (1887-1971), sera pour Blocher une expérience formatrice. De la collection Stoll, il acquit des œuvres fondatrices de l’art de Hodler : Vue sur le lac de Thoune et le lac de Brienz de 1887-1888, Le Lac Léman vu de Chexbres de 1897-1898, la Lütschine noire de 1905, le Grammont au soleil du Matin de 1917, et ultérieurement le célèbre portrait de profil de Berthe Hodler de 1894. Il acquit également des œuvres majeures d’Anker, telles que L’école en promenade de 1872, Vieux lisant la bible de 1873 et La convalescente de 1878 (…)

Un panorama de la peinture suisse

(…) Dès lors que ses fonds Anker et Hodler avaient atteint la complétude souhaitée, il put tourner ses regards vers d’autres artistes. Sa collection tendit ainsi à se transformer progressivement en un panorama représentatif de la peinture suisse, embrassant près d’un siècle de création, du réalisme à la peinture moderne figurative-coloriste, d’Alexandre Calame à l’œuvre tardif d’Adolf Dietrich. Blocher suit certains artistes dans toutes les étapes de leur évolution, si possible à travers la totalité de leur œuvre, tandis que d’autres ne sont représentés dans sa collection que ponctuellement, simplement parce qu’ils appartiennent à une époque qu’il s’agit de dépeindre. Parallèlement à Anker et Hodler, les personnalités les plus marquantes de la collection ont pour nom Koller, Zünd, Segantini et Giovanni Giacometti. (…) Vallotton est représenté dans la collection Blocher par trois tableaux de paysage : Ruisseau à Arques-la-Bataille de 1903, Une rue à Cagnes de 1922 et Route en corniche sur les bords de la Loire de 1923. (…) La présence d’Adolf Dietrich, le Douanier Rousseau suisse, dans la collection Blocher, est particulièrement remarquable, comprend des couchers de soleil, des paysages lacustres et des ambiances lunaires auxquels précisément, seuls Hodler et Vallotton peuvent se mesurer, ainsi que des natures mortes uniques en leur genre, telles que les enchanteurs de 1939.

 

Fondation Gianadda Robert Zünd Schellenmatt avec vaches détail©VB
Fondation Gianadda Robert Zünd Schellenmatt avec vaches détail©VB

Parcours et œuvres choisies

 Le parcours imaginé par Matthias Frenher reflète la diversité des artistes qui composent le fonds de la collection de Christoph Blocher. L’exposition débute par la présentation des œuvres réalisées à l’époque du jeune état fédéral (1848-1900) pour s’épanouir sur un ensemble exceptionnel d’œuvres d’Albert Anker (1831-1910) et de Ferdinand Hodler (1853-1918). Elle s’achève sur l’époque moderne suisse représentée par Ernest Biéler, Augusto Giacometti, Segantini, Felix Vallotton, Rudolph Dietrich, Max Buri, Cuno Amiet …

De Johann Gottfried Steffan à Rudolf Koller

La dizaine d’œuvres présentées dans cette partie permet d’offrir un aperçu des thématiques explorées par les peintres de l’époque. Sont donc montrées des paysages d’Alexandre Calame, (1810-1864), de Johann Gottfried Steffan (1815-1905), Robert Zünd (1826-1909, des scènes de genre des peintres Benjamin Vautier (1829- 1898) et Edouard Castres (1838-1902), ainsi que la première version de la célèbre œuvre du peintre zurichois Rudolf Koller (1853- 1918) La Poste du Gothard.

 Les paysages 

Au XIXème siècle la peinture de paysage, considérée auparavant comme un genre mineur, devient un des principaux moyens d’expressions artistiques dans toute l’Europe, y compris en Suisse. Alexandre Calame, peintre paysagiste de la suisse alpestre et pittoresque représente l’école genevoise dans la collection de Christoph Blocher. Par ces transcriptions pathétiques du paysage et par son exaltation, se jouant des clairs-obscurs, Calame s’inscrit dans la veine romantique.

Robert Zünd (1826- 1909) est sans doute l’un des peintres paysagistes les plus populaires du XIXème siècle en Suisse. Sa vénération contemplative et silencieuse de la nature l’apparente à certains de ses contemporains comme Camille Corot. Les cinq tableaux du peintre lucernois qui sont donnés à voir dans  l’exposition  témoignent  de  sa  capacité  à  magnifier  la  nature  en  restituant  les   différentes atmosphères, celles des sous-bois, de la campagne, de la forêt… Le paysage Lac des Quatre Cantons avec vue sur le Vitznaustock, en est un exemple remarquable.

Les scènes de genre
Edouard Castres (1838-1902) s’est quant à lui intéressé à la vie contemporaine qui avait cours dans  le jeune état fédéral. Dans la collection de Christophe Blocher, le tableau Paysage en hiver avec saltimbanques, ours savants et gendarmes, peint en 1877, montre une colonne de gens escortés par des cavaliers dans un paysage enneigé. Qui sont ces personnages ? Pourquoi sont-ils accompagnés par la police ? Où vont-ils ? Une peinture de genre déploierait tout cela en un récit. Castres, lui, ne fait que suggérer : la mise romantique de l’homme en tête de la file est le signe implicite de sa  qualité de gitan, il avance tête baissée. L’expression des spectateurs, à savoir deux hommes ferrant un cheval, une jeune femme sur un palier tenant un enfant dans ses bras et deux vieux au second plan, montre sans ambiguïté que ce cortège de saltimbanques n’est pas le bienvenu et est considéré avec suspicion.

Albert Anker, le peintre au réalisme minutieux
 

Artiste emblématique de la collection de Christoph Blocher pour y être présent avec une centaine de peintures et près de deux cents œuvres sur papier, Albert Anker raconte la vie contemporaine de la toute jeune Confédération suisse au XIXème siècle avec un réalisme authentique. Toutes les périodes de création de l’artiste ainsi que les différents sujets (portraits, représentations historiques et religieuses, natures mortes, paysages ruraux) figurent dans la collection.

Albert Anker est ici représenté avec quarante-huit toiles.

Anker illustre les grands mythes nationaux et compose des scènes qui sont toujours le reflet de la réalité. Il montre la grandeur des gens ordinaires, prend pour modèle les gens de son village d’Anet (village situé près de Berne nommé aussi Ins), représente des fermiers, un cordonnier… Dans la peinture européenne du XIXème siècle, Anker est l’un des plus importants créateurs de représentations enfantines. Son observation attentive et minutieuse des enfants dans leurs occupations quotidiennes avec leur expression sage est rendue avec un naturalisme exemplaire. Anker a aussi le souci de montrer le changement éducatif en Europe à cette époque, tel que nous le rencontrons dans l’esprit humaniste de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Il le raconte au travers de nombreuses représentations d’élèves au tableau noir, tenant une plume, lisant ou suivant des cours de gymnastique. Faut-il rappeler que l’enseignement primaire obligatoire est ancré dans la Constitution suisse en 1874.

Ferdinand Hodler
 Le parcours se poursuit avec quarante-six œuvres de Ferdinand Hodler (1853-1918), l’un des chefs de file de l’art moderne. Influencé à ses débuts par le réalisme, il s’impose ensuite comme une figure majeure du symbolisme.

 

C’est l’universalité de son message pictural qui conquit Christoph Blocher dans la peinture de Hodler. Ses vastes surfaces lacustres et ses silhouettes montagneuses qui se fondent dans l’infini de l’horizon peuvent à cet égard être interprétées comme des métaphores intemporelles de l’existence. Ses célèbres tableaux du lac Léman montrent non pas les chaînes des Alpes et du Jura suisses, mais des chaînes de montagne françaises. Hodler s’intéresse en effet à la nature où qu’elle se trouve. De même, ses représentations de figures donnent le plus souvent à voir des comportements humains universels et non pas spécifiquement suisses.

 

Les œuvres exposées, dominées par les paysages, permettent de suivre l’évolution artistique du peintre. En commençant par le réalisme de ses débuts, puis par un symbolisme où règne l’unité entre l’homme et la nature jusqu’à son célèbre parallélisme où en répétant les formes, il crée une harmonie rythmique qui s’impose avec force. Les vues des lacs, des cimes, du cosmos, sont peintes avec des jeux de lumière aux couleurs d’éternité. Le Lac Léman vu de Chexbres, le Grammont vu de Caux, le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn ainsi que les pics avec sa triade favorite L’Eiger, le Mönch et la Jungfrau en sont de merveilleux exemples. Après 1900, Hodler devient l’un des portraitistes les plus demandés en Suisse.

Une autre facette du peintre intéresse le collectionneur, « alors qu’Anker montre la grandeur des gens ordinaires, les personnages d’Hodler sont des héros de la vie quotidienne mais qui occupent toujours une place très spécifique.

Fondation Gianadda Felix Vallotton Marée montante le soir 1915©VB
Fondation Gianadda Felix Vallotton Marée montante le soir 1915©VB

L’époque moderne

 L’exposition s‘achève sur l’époque moderne de l’art suisse représentée dans la collection de Christoph Blocher par des œuvres de Ernest Biéler, Augusto Giacometti, Segantini, Felix Vallotton Max Buri, Cuno Amiet, , dont voici une sélection.

Représentant de la période romantique Giovanni Segantini (1858-1899) reproduit l’existence humaine en harmonie avec la nature dans des tableaux aux couleurs éclatantes et d’une grande intensité lumineuse Les trois œuvres que possède Christoph Blocher figurent dans l’exposition. Elles sont consacrées aux thèmes du recueillement, du travail et du repos.

Giovanni Giacometti (1868-1933) décrit des ambiances grandioses de montagnes avec des effets de lumière et de couleurs intenses. Pour le tableau Monte Forno le peintre pose son chevalet légèrement au-dessus du Lägh da Cavloc, dont la surface lisse de l’eau dans un bleu soutenu se devine sur la gauche. Il embrasse ce panorama un jour d’automne ensoleillé où la flore alpine brille de toutes ses couleurs rendues par des touches rythmées et éloquentes. Le ciel est tout en transparences, dans un mélange de blanc et de vert émeraude. Le pinceau est large et fluide. L’éclat du grand soleil, réfracté par les nuages, crée au firmament des formes triangulaires étincelantes.

Les trois tableaux de Felix Vallotton (1865-1925) qui appartiennent à la Collection Christoph Blocher figurent dans l’exposition de la Fondation Pierre Gianadda. Ruisseau à Arques-la-Bataille 1903, Une rue à Cagnes, 1922, et Route en corniche sur les bords de la Loire – Tournant de route au-dessus de la Loire, 1923.

Adolf Dietrich, présent dans l’exposition avec un ensemble de treize tableaux, tient une place importante dans la collection. Christoph Blocher a su réunir des couchers de soleil, des passages lacustres et des ambiances lunaires auxquels seuls Hodler et Vallotton peuvent se mesurer ainsi que des natures mortes uniques en leur genre. 

Christoph Blocher possède un des tableaux qui marque un tournant important dans la vie du peintre Cuno Amiet (1868-1961). En effet, ce dernier se trouve alors au sommet de son art, lorsque, dans la nuit du 6 juin 1931, un grand nombre de ses œuvres brûlent dans l’incendie du Palais des glaces à Munich.

Après cette perte douloureuse, en automne de la même année, le peintre se retirera durant quelques semaines à Hilterfingen, au bord du lac de Thoune, où il peindra des vues baignées de lumière, comme le Lac de Thoune avec la chaîne des Alpes. En souvenir du terrible incendie, il a ajouté une flamme stylisée à son monogramme.

Le degré d’abstraction élevé et le recours à des moyens stylistiques postimpressionnistes et des débuts de l’expressionnisme distinguent Cuno Amiet comme l’un des pionniers de la peinture européenne du XXème siècle.

Fondation Gianadda Albert Anker les gamins ...1888 ©VB
Fondation Gianadda Albert Anker les gamins ...1888 ©VB
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