Jean-Pierre Darroussin Film Des Hommes FFFH 2020 Bienne ©VB

Festival du Film Français d’Helvétie 2020 Bilan

Nicole Garcia Film Amants FFFH Bienne 2020©VB
Nicole Garcia Film Amants FFFH Bienne 2020©VB

Le Festival du Film Français d’Helvétie du 16 au 20 septembre 2020 à Bienne a rassemblé 10 200 fans de ciné : gros succès pour les organisateurs

Ce qui nous plait avec les festivals de films , c’est la possibilité que cela nous donne de passer du rire au larmes , de la passion à l’ennui , de la joie à la mélancolie , du tout au rien , du plein au vide … bref , de parcourir toute la palette des sentiments humains en seulement quelques heures , parfois même en seulement quelques petits quarts d’heure lorsqu’il s’agit de courts-métrages . Autant vous le dire , une bonne quinzaine de films visionnés m’ont largement donné l’occasion de tester mon potentiel émotionnel au cours d’une sélection qui m’est apparue plutôt équilibrée alternant drames , comédies et quelques Ovnis plus difficiles à étiqueter  .

En Ouverture , la réalisatrice Nicole Garcia présente son film , Amants ( sortie suisse 2 decembre 2020 ) … une comédie de moeurs assez convenue , axée autour d’une relation amoureuse triangulaire : mademoiselle / Stacy Martin  aime s’encanailler avec son amant voyou / Pierre Niney qui finit par disparaître en toute discrétion quelque part sous les tropiques ; las ! la jolie le retrouve tout à fait par hasard (…) trois ans plus tard maquée cette fois avec un gars solidement argenté / Benoît Magimel et en toute légalité, moins excitant certes mais oh combien plus sécurisant . La mignonne danse d’un pied sur l’autre tant et si bien que son histoire d’amour se termine fort mal . » Amants  » de Nicole Garcia a été le seul film français sélectionné à la Mostra de Venise .

En pré-ouverture , Daniel Cohen propose Le bonheur des uns …dérange l’ordre établi  , une comédie grinçante sur le glissement que produit la réussite d’un proche / Berenice Bejot,   d’un sentiment à l’autre , un tableau plutôt désolant de ce que notre brillante humanité enferme en ses entrailles : quelque chose de vil qui se nomme envie , jalousie et qui pousse à oublier la signification des mots loyauté , amitié et même amour . Ni le compagnon de Lisa , Vincent Cassel , ni sa meilleure amie / Florence Foresti , ni le mari de celle-ci / François Damiens  , un gentil , suiveur infeodé à son épouse , ne supportent la fulgurante ascension de celle dont la fragilité apparente leur donnait l’ascendant qu’ils ont désormais perdu . Définitivement , ce sont les rapports de force qui régissent la planète mais, consolation,  la meilleure contre-attaque est en nous   : voyez le film et soyez attentif à la chute ! ( 23 septembre 2020 en Suisse )

Antoinette , ah Antoinette ! Cette belle brune a un grain , c’est sur ! Mais de fantaisie seulement ! L’oeil pétillant , le rire façon cascade , le charme délicat que confère le  vrai naturel aux  belles personnes . Antoinette dans les Cevennes  (16 septembre 2020 en Suisse ), film pour être heureux réalisé par Caroline Vignal conte la quête d’Antoinette / Laure Calamy on t’aime – oui , c’est une locution nouvelle- de son amant pathétiquement lâche Vladimir/ Benjamin Lavernhe de la Comédie-Française, un mec que tu as envie de gifler à peu près tout le temps qui se consume sincèrement pour la belle Antoinette qu’il consomme cependant à temps partiel sans le moindre scrupule . La course poursuite d’Antoinette pour retrouver Vladimir sur le GR70 – Le Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard – comme le fit en 1878  Robert Louis Stevenson, lui aussi à cette époque en plein chagrin d’amour , se fait au rythme de Patrick , son âne têtu mais fidèle compagnon de son infortune sentimentale . Le film de Caroline Vignal aurait dû faire partie de la sélection officielle du Festival de Cannes.

Aux antipodes , Divorce club de Mikael Youn, le film de copains pour rire a bien équilibré celui de Christophe Blanc , Just Kids , l’histoire sans joie de mômes en perdition devenus prématurément orphelins . Jack, 19 ans, Lisa, 17 ans, et Mathis, 10 ans. 
Jack / Kacey Mottet Klein désigné tuteur de Mathis / Andrea Maggiulli  – jeune acteur impressionnant de justesse – , n’a aucune idée de la façon dont il devrait s’occuper de ce jeune frère . Il fait donc comme pour lui : voir des filles , boire des bières  , piquer des mobs … Aucun miracle ne se produira . Just Kids est un film noir comme le livre éponyme de Patti Smith qui racontait son histoire avec Robert Mapplethorpe , 20 ans à peine chacun , lancés à corps perdus dans un univers habité de  poésie,  rock and roll , sexe et liberté  . La différence entre le film de Christophe Blanc et le livre de Patti Smith , c’est que la créativité artistique n’est pas le monde de Jack et Titi même si ce dernier semble passionné de photo comme Mapplethorpe le fut. 

Jean-Pierre Améris Profession du père FFFH 2020 Bienne ©VB
Jean-Pierre Améris Profession du père FFFH 2020 Bienne ©VB

Il y a des films qui marquent comme Profession du père de Jean-Pierre Améris  ( sortie en Suisse 23 décembre 2020 )  fidèle des FFFH comme l’a fièrement rappelé Christian Kellenberger , directeur du festival . Avoir crée le duo d’acteurs Benoit Poelevoorde / Audrey Dana , était déja une trouvaille subtile . Avoir donné ce rôle d’homme violent , mythomane furieux qui ne se remet pas de la prise d’indépendance de l’Algérie à Poelvoorde plutôt habitué des personnages comiques, peur t être qualifié de coup de génie . L’acteur belge excelle dans son rôle de faux héros mais vrai dingue . Audrey Dana , magnifiquement tragique en épouse et mère inconditionnellement dévouée , emplit l’écran comme d’habitude . Je ne suis pas prête d’oublier Jean-Pierre Améris qui m’avait deja enchantée avec Les Emotifs anonymes  et encore bien plus avec le Je vais mieux porté par le formidable  Elmosnino .

Autre film pour faire plaisir : Le Discours , adapté du roman de Fabcaro ,une vraie pépite réalisée par Laurent Tirard dont je me souviens encore parfaitement parce qu’attaché à ma pèriode abonnement à Studio Magazine dans lequel journaliste a noirci des colonnes pendant des années . Bref , j’étais déja plutôt acquise à sa cause , me voilà définitivement rangée dans la case groupie . Le pitch : Adrien / Benjamin Lavernhe vient de se faire pauser par sa copine Sonia , c’est déja dur mais il se peut que le plus pénible soit pour lui de devoir participer aux repas de famille durant lesquels il n’est que partie négligeable . Jusqu’à ce que Ludo, son futur beau-frère, lui demande de faire un « petit » discours pour le mariage ! Adrien panique , soliloque , envisage des hypothèses , nous demande notre avis , c’est jubilatoire , dans la salle , on est à deux doigts de lui dispenser de bons conseils . Totale réussite ! 

Un regret : ne pas avoir pu écouter Albert Dupontel parler de son film Adieu les cons , fable contemporaine à émotions variables mettant en présence deux personnages , Suze / Virginie Efira et JB / Albert Dupontel  , dont les misères respectives trouveront consolation ensemble envers et contre tous…les cons . Les infortunés persévérants trouvent assistance en la personne de Mr Blin ( d? )/ Nicolas Marié archiviste accidentellement électronifié relégué dans son sous-sol . On pense à Micmacs à tire-larigot et aussi à Thelma et Louise mais surtout on pense à Dupontel et son 9 mois ferme dans lequel les personnages sont propulsés sur une planète dont ils ne maîtrisent pas la course. SORTIE FRANCE 21 octobre 2020

A défaut de croiser Albert Dupontel à Bienne , nous avons eu la chance d’écouter Bernard Stora et Patrick Bruel présenter  Villa Caprice , un thriller psychologique sur fond de mafieuserie politico-financière , un duel palpitant orchestré par le réalisateur entre l’avocat Luc Germon /Niels Arestrup et l’homme d’affaires Gilles Fontaine / Patrick Bruel . Bernard Stora dit s’être inspiré – sans qu’il s’agisse d’un biopic- de l’affaire Olivier Metzner , célèbre avocat pénaliste parisien qui s’était donné la mort en 2013 au large des côtes bretonnes . Il avait d’autre part déja proposé le scénario à Patrick Bruel qui avoue avoir finalement été convaincu par le jeu de sale type qu’il devait incarner , argument jubilatoire pour un acteur, et bien sur par la présence de Niels Arestrup auquel il porte une grande admiration.

Petite soeur / Schwesterlein Clin d’oeil au cinéma suisse de Stephanie Chuat et Veronique Reymond VO Deutsch ST Français

PREMIÈRE SUISSE. SÉANCE SPÉCIALE DU FORUM DU BILINGUISME

Brillante auteure de théâtre, Lisa n’écrit plus. Elle vit en Suisse avec sa famille, mais son cœur est resté à Berlin, il bat au rythme de celui de son frère Sven, célèbre acteur de théâtre. Les liens des jumeaux se sont resserrés depuis que Sven est atteint d’une leucémie agressive. Lisa refuse cette fatalité et remue ciel et terre afin qu’il remonte sur scène. Son mariage part à la dérive, mais Lisa n’a d’yeux que pour son frère, son miroir, qui la renvoie à ses aspirations profondes et ravive en elle son désir de créer, de se sentir vivante.

La 16ème édition du FFFH se clôture le dimanche 20 septembre  avec Des Hommes , film de Lucas Belvaux avec Jean-Pierre Darroussin , Gérard Depardieu , Catherine Frot ,  narrant la triste épopée des jeunes gens enrôlés en 1960 durant leur service militaire direction l’Algérie . Le film est adapté du livre éponyme de Laurent Mauvignier paru en 2009 qui raconte le destin d’une poignée d’appelés brisés par la Guerre d’Algérie  » Secret de famille de la France «  ( Benjamin Stora historien ) . Dans le film , le frère de Solange / Catherine Frot , Bernard- Feu de bois / Gérard Depardieu , son cousin Rabut bachelier / Jean-Pierre Darroussin, personne n’oublie , la culpabilité ronge , la haine est tenace et irrémédiable .  Rabut est la voix off du film , c’est lui qui raconte quarante ans plus tard comment la vie a brutalement changé de camps pour tous ces jeunes partis sans trop savoir ou même se douter de ce que signifierait leur passage en Algérie : l’enfer pour tous .

Les courts-metrages de la 16ème édition du FFFH : la section découverte

La Section découverte présente des longs et courts-métrages français/francophones non distribués en Suisse, ces derniers étant en compétition.Deux prix sont remis : le Prix découverte Bonhôte (CHF 3’000.–) le Prix Forum du bilinguisme (CHF 2’000.–)

PALMARÈS DÉCOUVERTE 2020

 Prix découverte Bonhôte (CHF 3’000.–) a été décerné au court-métrage Lavande de Alexandra Naoum.

 Prix Forum du bilinguisme (CHF 2’000.–) remis au court-métrage Shakira de Noémie Merlant.

Courts-métrages (en compétition):

Apologie des Zèbres albinos de Guillaume Talvas
Cet autre hiver de Margo Brière Bordier
Irréprochable de Nathan Franck
Lavande de Alexandra Naoum – Lauréat du Prix découverte Bonhôte
Mieux que les rois et la gloire de Guillaume Senez
Particules Fines de Anne-Claire Jaulin
Shakira de Noémie Merlant – Prix du Forum du Bilinguisme

Festival itinérant du FFFH :  7 villes germanophones du Canton de Berne du 15 octobre au 6 novembre 2020

Films vus :

  1. **Amants / Nicole Garcia Ennui
  2. *****Antoinette dans les Cevennes Jubilatoire un film pour être heureux 
  3. **Just Kids noir c’est noir la loose pour toujours aucun espoir ; un jeune comédien largement à la hauteur
  4. *Divorce Club film des copains 
  5. *****Profession du père magnifique film  Audrey Dana Poelvoorde geniaux 
  6. **Petite soeur
  7. **Mon cousin
  8. ***Les courts-metrages
  9. *****Le discours
  10. *****Adieu les cons
  11. **Le bonheur des uns
  12. *****Villa Caprice
  13. ****Des Hommes
FFFH Bienne 2020©VB
Partager cet article :

Le Détour Saint-Louis

logo Ecole Les Coquelicots Bâle

Logo MuseumsPassMusées

Logo-HT-Cre-Art-Basel

Museen Basel

Théâtre le Grrranit Scène Nationale Belfort Logo

Logo Comète Hésingue

Logo Ecole Française de Bâle

Fondation Fernet-Branca

Alliance Française de Bâle

© Bâle Région Mag 2020 / Mentions légales et Politique de confidentialité

✨ Site réalisé avec monweb.agency