En mai à la Fondation Fernet-Branca vois ce qu’il te plait !

GET IN, GET OUT. NO FUCKING AROUND ! du  26 MAI AU 29 SEPTEMBRE 2019

Gregory Forstner : l’histoire dans l’histoire dans l’Histoire ….

Deux ou trois choses qu’il serait bon de savoir avant de déambuler entre les salles consacrées au peintre français ( il y tient ) Gregory Forstner :

Avant de se plonger dans les eaux troubles de sa propre histoire familiale ,Gregory Forstner  a investi celles des profondeurs azuréennes de la Méditerranée à Amorgos en Grèce. Son père , plongeur professionnel, lui a si bien transmis la passion des fonds sous-marins qu’il a été retenu à 11 ans pour représenter Enzo jeune- Jean-Marc Barr- dans le cultissime film de Besson , Le Grand Bleu  sorti en 1988 . Lui en est venue une récurrence tenace de la représentation sur toile de scaphandriers en perdition ( Forstner a failli plusieurs fois laisser la vie au cours des plongées ). Il n’en a pas pour autant embrassé la carrière d’acteur et s’est tourné très vite vers des études d’art. Il est diplômé de la Villa Arson de Nice où il s’établit pour plusieurs années . En 2006 , à l’occasion d’une commission d’acquisition pour le MAM de Paris ,Hans Ulrich Obrist , retient son travail et le recommande auprès de  la galerie allemande Zink . En 2007 , il bénéficie de sa première exposition personnelle au MAMAC de Nice . En 2009 , c’est le Musée de Grenoble qui reçoit le plasticien . En 2014 , il présente son travail au Collège de France avec entre autres Jeff Koons . En 2015 paraît , l’Odeur de la Viande , récit autobiographique aux éditions Esperluète.

Gregory Forster Fondation Fernet-Branca 2019 Photo VB

Gregory Forster Fondation Fernet-Branca 2019©VB

La planète des chiens réalisation Gregory Forstner

Les humains à tête de chien sont vraisemblablement  un subterfuge pour signifier la pudeur de l’artiste ou sa jubilation ou les deux : pouvoir tout dire , tout montrer , tout raconter derrière les masques , un travail ou un vrai plaisir d’acteur que nous ne pouvons qu’envier . Artiste expressionniste s’il en est ,  Forstner – qui renie cette appartenance –  a trouvé le moyen de rendre sa peinture reconnaissable entre mille  . En effet, celle-ci nous semble familière car on y reconnaît les allusions délibérées aux oeuvres figuratives des grands maîtres et c’est une question de posture . Ainsi  trouve-t-on des évocations de Goya , des peintres flamands du XVII ème , Otto Dix ( Le gentleman )  , James Ensor ( figure de la mort presque toujours ridiculisée ) , Kokoschka… Coolidge ( 1844/ 1934 inspiration directe dans les toiles représentant des scènes de poker ou de billard )  et les nouveaux expressionnistes allemands comme Immendorff avec qui il a en commun l’obsession de la folie des hommes en guerre . A l’instar de Jerôme Bosch , Gregory Forstner donne à ses personnages les traîts appuyés de la caricature satirique : le bouffon travestit l’horreur , le masque autorise la confusion , le grotesque provoque à la fois sourire et effroi mais place la distance indispensable à l’appréciation du profane que nous sommes. Chienne de vie !

La monstrueuse parade de Gregory Forstner

Forstner est hanté par son histoire familiale . Faut-il se débarrasser d’un passé encombrant ou décider de cohabiter ? Pourquoi pas utiliser une technique de mise en abîme ? Ainsi,  Gregory Forstner lui-même se plaçant au côté de son père , chacun coiffé du casque allemand de la Wehrmacht , dans un tableau les représentant dans une barque au crépuscule . Dans la barque se lit son histoire personnelle allusive à un pan scabreux de notre passé , quelque chose qui a à voir avec la Grande Histoire . Gregory Forstner avait deux grand-pères : l’un soldat de la Wehrmacht , authentique nazi avec lequel son père coupe définitivement les ponts dès sa jeunesse. L’autre en résistance contre le régime de Vichy. Sacré grand écart ! Forstner a trouvé le subterfuge idéal pour se défaire de cet embarrassant héritage : le projeter rageusement sur la toile , en mettant en scène une série de personnages à têtes de chiens ou de cochons , c’est selon . Forstner nous présente son Rocky Horror Picture Show personnel bande-son Tom Waits . Ici , il n’y a rien à voir en dehors , l’ignoble se trouve  bien planqué  à l’arrière des masques . Voici la Ferme des animaux de Forstner , sa bande de Freaks inspirée des maîtres anciens Velasquez ( iconographie de la monstruosité ) , Van Dyck ou du père de la peinture métaphysique Giorgio de Chirico ( autoportraît de l’artiste en costume XVIème). Have fun  ! La grande supèriorité de l’artiste sur nous , c’est qu’il  peut planter toute sa misère intèrieure dans une toile à grands coups de couteau furieux , c’est pratique et sans douleur .Il faut toujours peindre les choses que l’on désire -ou alors les choses que l’on déteste. GF

La figure en blanc et noir de Gregory Forstner

 » Je me suis longtemps interrogé : je suis un peintre de la figure ; je suis né à Douala au Cameroun , terre d’Afrique . Pourquoi ne jamais avoir peint la figure Noire ? Lorsque je suis arrivé à New-York en 2008 , je me suis installé dans le quartier de Bed-Stuy , Brooklyn , le fief originel de Spike Lee.  » Gregory Forstner n’a de cesse de régler les questions en suspens , cela semble être  la condition à sa tranquilité et à sa joie de vivre . A New-York où il a été à l’époque l’un des seuls blancs du quartier de Bed-Stuy,  il entame une série de portraits  intitulés Study for an Ameerican Archetype  mais il n’oublie pas ses amies les bêtes qui lui servent de paravent . Ainsi , sous son pinceau dénonciateur , les maitres deviennent esclaves et vice-versa : souvenons-nous de ce que nous avons fait de notre humanité pourrait être le message subliminal. Dans l’imagerie du XIX ème , l’épopée de l’homme blanc paraît comme une image d’Epinal alors qu’elle n’est que violence , subordination , humiliation ; Forstner inverse l’imagerie pour provoquer sinon l’electro-choc , au moins retenir l’attention . Voilà qui est fait !

Gregory Forstner vit et travaille aujourd’hui à Montpellier.

Principale galerie le représentant se trouve en Allemagne: galerie ZinK

Monographie parue chez Dilecta ( Paris )

_______________________________________________________________________

ELGER ESSER : MORGENLAND Exposition du 26 mai au 29 septembre 2019 En partenariat avec Galerie Kewenig et Galerie RX

Pierre-Jean Sugier Exposition Elger Esser Photo VB

Pierre-Jean Sugier Directeur Fondation Fernet-Branca Exposition Elger Esser 2019 ©VB

Elger Esser annonce la couleur : les oeuvres accrochées suivent l’ itinéraire de ses voyages du Liban entre 2004 et 2005 ,  à Israël en 2015/2016 en passant par l’Egypte en 2011 . L’idée de l’artiste est de donner une image différente de l’Orient .  Elger Esser s’est trouvé au Liban au moment de la révolution du Cèdre après l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafiq Hariri et en Egypte au moment d’une autre révolution ayant abouti à la démission du président Hosni Moubarak . Son voyage en Israel s’est inscrit quant à lui au coeur d’une vague de violence particulière du conflit israelo-palestinien . Pourtant , nulle trace dans ses clichés- tableaux d’un quelconque désordre, au contraire . Esser nous propose des images douces et délicates propices à la contemplation , des paysages fondus entre ciel et terre dans lequel plonge le regard avec délectation  dans une sorte de confusion espace-temps jouissive qui doit tout ou presque à la technique de longue pose du photographe . Morgenland -Terre du Matin- titre de l’exposition , sous-tend l’Orient , l’Est , l’Eveil , mais pas seulement .Ces paysages étendus à l’horizon, avec l’emploi des couleurs douces, témoignent d’un sentiment de calme profond de par la beauté naturelle qui y émane. Elger Esser puise son inspiration dans la littérature du 19ème siècle et notamment dans les écrits de Proust, Flaubert et Maupassant. Un lien entre sa pratique photographique, l’histoire et la mémoire se crée.

Elger Esser Fondation Fernet-Branca 2019 ©VB

Elger Esser Fondation Fernet-Branca 2019 ©VB

« Morgenland » est un terme ancien devenu obsolète, mais dont on retient la substance poétique. La mythique « Terre du matin », hors de laquelle Luther fait venir les sages dans sa traduction de la Bible.La terre promise dans laquelle les voyageurs ont marché, la terre des possibles pour les peintres, écrivains et photographes au cours du 19ème siècle.

Elger Esser est né le 11 mai 1967 à Stuttgart. D’origine franco-allemande, il a passé son enfance à Rome. Entre 1986 et 1991, Elger Esser retourne en Allemagne et débute sa carrière en tant que photographe publicitaire. Il poursuit ses études à la Kunstakadémie de Düsseldorf, où il étudie la photographie avec le célèbre couple d’artistes Bernd et Hilla Becher. Influencé par leur travail, c’est en délaissant le principe de quadrillage (caractéristique des travaux du couple Becher) et en s’appropriant la photographie de paysages que Elger Esser se démarque de leur enseignement. Les images rapportées contiennent à la fois la poésie du regard occidental et la réalité d’aujourd’hui. Plongé dans la lumière du sable coloré, caractéristique des photographies d’Elger Esser, de toute évidence sans fin, l’horizon s’étire au-dessus de la totalité de la surface de l’image. Divisé avec l’eau, l’air et en bandes côtières lointaines, qui souvent apparaissent comme des mirages. L’impression du temps est néanmoins trompante : chaque cliché est intitulé avec l’année et le nom du lieu de son origine. Ces noms sont en partie emprunts d’histoire, et en partie révélateurs de la situation politique de l’époque – un jeu esthétiquement fascinant de la déception du passé, du mythe, du présent et à la recherche des racines communes.

Aujourd’hui, l’artiste photographe franco-allemand tient sa place à côté des grands. Son œuvre présente les plus grandes collections telles qu’au Guggenheim à New York et au Rijksmuseum à Amsterdam. Il a notamment eu de nombreuses expositions personnelles comme celles à la Galleria d’Arte à Bologne, au Kunstverein à Hagen et au Herzong Foundation à Bâle.

Les Estampes Picasso Fondation Fernet-Branca du 25 mai au 15 septembre 2019

L’année 2018 a marqué le cinquantième anniversaire de la mort de Jaume Sabartés (Barcelone, 10 juin 1881 – Paris, 13 février 1968), figure incontournable de la vie de Pablo Picasso et fondateur de la fondation du musée Picasso de Barcelone. Afin de marquer l’occasion, la Fondation Fernet-Branca est heureuse de présenter, en partenariat avec le Musée Picasso de Barcelone, une exposition hommage à Jaume Sabartés.
Sabartés et Picasso sont nés la même année, en 1881, et se sont rencontrés à Barcelone en 1899, alors qu’ils étaient étudiants à La Llotja . À partir de ce moment-là et jusqu’à la mort de Sabartés, en 1968, ils étaient inséparables, même séparés géographiquement de milliers de kilomètres.

Pablo Picasso a peint le premier portrait de Jaume Sabartés en 1900. Ce fût le premier d’une longue série, puisqu’il a continué pendant près de soixante ans à le dessiner et à le caricaturer.
Jaume Sabartés a écrit plus d’une vingtaine de texte à propos de Picasso.
Jaume Sabartés a fait don de sa collection d’œuvres de Pablo Picasso à la ville de Barcelone en 1962. La collection se composait à l’origine de 362 oeuvres , dont deux cent trente-huit lithographies originales. Sabartés, dans de nombreux écrits, a souligné l’importance de la collection donnée à Barcelone, qu’il considérait comme très complète. Le musée Picasso de Barcelone a ouvert ses portes au public le 9 mars 1963.
Jaume Sabartés est décédé le 13 février 1968 à Paris. En hommage à son ami, Pablo Picasso a remis à la ville sa série sur « Las Meninas », en plus du portrait de Jaume Sabartés peint en 1901. Il a également fait don des lettres qu’il avait envoyées à Sabartés(un peu moins de 700).

ESTAMPES D’AMITIÉ : DE PICASSO À SABARTÉS
Oeuvres provenant de la collection du Museu Picasso de Barcelona
EXPOSITION DU 26 MAI AU 15 SEPTEMBRE 2019
En partenariat avec le Museu Picasso de Barcelona

Print Friendly, PDF & Email