Expositions de rentrée au Kunstmuseum Basel :

Une passion pour l’art Louise Bachofen-Burckhardt : collectionner pour Bâle du 26 octobre 2019 au 29 mars 2020

Commissaires :  Bodo Brinkmann

Jan Massys; Musizierendes Paar; 1565 DR Kunstmuseum Basel

Jan Massys; Musizierendes Paar; 1565 DR Kunstmuseum Basel

À l’occasion du centenaire de la mort de Louise Bachhofen-Burckhardt (1845–1920), le Kunstmuseum Basel rend hommage à sa plus grande mécène du début du XXe siècle. Le rez- de-chaussée du Hauptbau présente des pans de la collection rassemblés par la donatrice pour le musée.

« Mon souhait le plus ardent est de pouvoir acquérir encore quelques belles pièces pour ma chère ville natale », écrit Louise Bachofen-Burckhardt en janvier 1916 à Wilhelm von Bode, éminent historien de l’art et directeur général des musées d’État de Berlin de 1905 à 1920, qui lui propose régulièrement des tableaux à acquérir. Elle projette en effet de transformer entièrement la Öffentliche Kunstsammlung Basel (la collection publique bâloise) : faire d’une collection régionale majeure axée sur l’art du Rhin supérieur un musée de niveau européen dans la même veine qu’à Londres, Berlin ou Paris. À cette fin, elle enrichit considérablement le fonds pictural apporté par son mari Johann Jakob Bachofen-Burckhardt à leur mariage, puis elle transfère en 1904 l’ensemble des tableaux dans une fondation qu’elle crée au nom de son époux.

Le Kunstmuseum Basel en est l’unique bénéficiaire désigné, si bien qu’à la mort de Louise Bachofen-Burckhardt pas moins de 303 peintures du Moyen Âge tardif jusqu’au tournant du XXe siècle entrent dans les collections du musée. Parmi celles-ci figurent des œuvres majeures de Bartolomeo Vivarini, Lucas Cranach l’Ancien, Hans Memling, Jan Brueghel l’Ancien, Frans Francken II, Dirck Hals, Nicolaes Maes, Nicolaes Berchem, Jacob van Ruisdael, Jan van Goyen, Harmen Steenwyck, Rachel Ruysch, Jean-Étienne Liotard et Alexandre-François Desportes.

Louise Bachofen-Burckhardt a formulé la demande explicite de se retirer derrière l’œuvre entreprise en souvenir de son mari, l’auteur du célèbre ouvrage sur le droit maternel à l’origine de toutes les formes sociétales. Dans un testament, elle interdit par exemple toute nécrologie à son sujet. Elle demeure donc largement méconnue jusqu’à aujourd’hui, bien qu’elle comptait sans doute parmi les grandes collectionneuses d’art à une époque où les femmes étaient encore peu actives dans ce domaine.

Le centenaire de sa mort est l’occasion de faire la lumière, grâce à des documents inédits, sur cette donatrice et son rôle sur le marché de l’art vers 1900 alors en plein essor. L’exposition consacrée à Louise Bachofen-Burckhardt permet également au Kunstmuseum Basel d’exprimer ses remerciements à sa fondation qui, en 2015, a décidé de lui faire don de ses tableaux qui figuraient depuis longtemps en dépôt au musée comme prêts permanents.

L’exposition Une passion pour l’art montre combien Louise Bachofen-Burckhardt a contribué au caractère actuel de la Öffentliche Kunstsammlung. L’enrichissement de la collection grâce à ses œuvres revêt d’une part une importance considérable – la section des maîtres anciens du fonds pictural a tout de même doublé d’un seul coup –, d’autre part elle incarne un modèle à travers sa démarche : pionnière dans le domaine de la collection d’art et de l’exercice de la bienfaisance en Suisse, elle a sans aucun doute inspiré de nombreux donateurs bâlois comme Hans Vonder Mühll et Max Geldner.

Toutefois, il s’agit d’appréhender l’entreprise de collection et de donation de Bachofen- Burckhardt comme ancrée dans son époque et de l’apprécier de manière critique, sans en amoindrir la portée. Plusieurs de ses acquisitions se sont révélées plus tard ne pas être de la main de telle ou tel artiste comme elle avait pu le supposer. Bien des tableaux ont même vu le jour dans une région artistique différente que celle envisagée vers 1900. Une œuvre tenue pour originale hier s’avère parfois aujourd’hui n’être qu’une copie de celle-ci et, à plusieurs reprises, Bachofen-Burckhardt a été dupée avec des faux.

Cela n’a rien d’étonnant pour une collection constituée entre les dernières décennies du XIXe siècle et les années 1915-1920 environ. Des questions restent incontestablement en suspend pour la section des maîtres anciens, mais la recherche actuelle fait preuve de davantage de clairvoyance qu’à l’époque de Louise Bachofen-Burckhardt et de Wilhelm von Bode. C’est cette évolution que l’exposition souhaite montrer – non pas pour interroger l’œuvre de cette respectable donatrice, mais pour témoigner des avancées de toute une discipline.

Max Sulzbachner Nuits de lune et tam-tam à Bâle du 26 octobre 2019 au 9 février 2020  Commissaire : Géraldine Meyer Vernissage Vendredi 25 octobre 2019 à 18h30

Max Sulzbachner Paris; 1924 DR Kunstmuseum Basel

Max Sulzbachner Paris; 1924 DR Kunstmuseum Basel

Le Kupferstichkabinett du Kunstmuseum Basel rend hommage à l’œuvre protéiforme de l’artiste bâlois Max Sulzbachner (1904–1985) à travers une exposition rétrospective présentée à l’entresol du Hauptbau ainsi qu’une publication. En Suisse, Sulzbachner est un artiste de renom particulièrement apprécié, pourtant son œuvre n’a encore jamais fait l’objet d’une étude approfondie. L’exposition et le catalogue proposent de combler cette lacune dans l’historiographie de l’art bâlois.

Depuis 2014, le Kunstmuseum Basel a reçu 4 dessins, 30 gravures sur bois et 4 eaux-fortes de l’artiste dans le cadre d’une généreuse donation de Betty et Hartmut Raguse-Stauffer. Grâce à cet apport, l’œuvre de jeunesse expressionniste de Sulzbachner est largement représentée au Kupferstichkabinett comme la période la plus importante de son œuvre. Les riches fonds de l’expressionnisme bâlois et suisse déjà présents ont ainsi été judicieusement complétés.

Les Nuits de lune mentionnées dans l’intitulé de l’exposition se réfèrent au titre identique d’une suite de gravures sur bois réalisées par Max Sulzbachner en 1925. Ces remarquables feuilles sont caractéristiques de l’œuvre de jeunesse de l’artiste marquée par sa proximité avec le groupe d’artistes bâlois Rot-Blau. À l’époque, Sulzbachner se passionne en particulier pour l’expressionnisme d’Ernst Ludwig Kirchner. Par la suite, le Bâlois figure parmi les premiers artistes suisses alémaniques s’intéressant à l’art moderne français.

Très tôt, il s’intéresse à la vie et aux traditions locales. Dans le même temps, il s’attache continuellement à suivre de nouvelles tendances artistiques. Les expositions à la Kunsthalle Basel en particulier constituent en cela des impulsions décisives pour lui. L’ouverture de Sulzbachner à l’égard du renouveau artistique se traduira plus tard par l’évolution de son style.

Au cours de sa vie, Sulzbachner évolue dans des contextes de création très différents : il rencontre également un vif succès en tant que dessinateur, scénographe, caricaturiste, enseignant et illustrateur. Il exerce aussi comme écrivain. Il est l’auteur de peintures, de gravures sur bois, d’eaux-fortes, de fresques, de vitraux, d’assiettes en céramique, de lanternes de carnaval et de figurines populaires.

Sulzbachner était – et demeure – connu un peu partout comme « Sulzbi » et le « roi des lanternes ». Bâlois d’origine, il répondait toujours et partout à l’appel et s’engageait lorsque survenait du « tam-tam » en ville ou ailleurs. Ainsi, Sulzbachner est indissociable de la culture populaire bâloise et de l’art populaire suisse. La singularité de l’ensemble de sa production artistique réside d’une part dans ce lien à la vie locale et à ses événements politiques, d’autre part dans son inclination à l’emphase stylistique jusqu’à la caricature.

Pour Sulzbachner, la possibilité d’établir dans son œuvre une passerelle entre différentes sphères culturelles était particulièrement séduisante. L’ensemble de son œuvre permet non seulement de découvrir cet artiste bâlois, mais aussi la scène culturelle et artistique de Bâle de l’art moderne jusqu’aux années 1960.

 

 Or & Gloire Dons pour l‘éternité Le Musée historique de Bâle est l’hôte du Kunstmuseum Basel 11 octobre 2019 – 19 janvier 2020 Vernissage Jeudi 10 octobre 2019, 18h30

Goldene Altartafel; vor 1019 DR Kunstmuseum Basel

Goldene Altartafel; vor 1019 DR Kunstmuseum Basel

La grande exposition présente l’époque glorieuse d’Henri II, dernier empereur ottonien (règne 1002–1024). Elle réunit des prêts exceptionnels d’Europe et des États-Unis à l’occasion du millénaire de la consécration de la cathédrale de Bâle. Des pièces d’orfèvrerie, des textiles, des enluminures et des ivoires précieux composent un panorama unique de la civilisation médiévale. Manuscrits rares, pièces de monnaie et trésors archéologiques offrent de multiples perspectives sur la vie quotidienne autour de l’an mil.

Le devant d’autel en or, cadeau impérial offert à la cathédrale en 1019, en constitue le point d’orgue. Vendu à l’étranger au XIXe siècle, il retourne temporairement à Bâle après avoir passé de nombreuses décennies à Paris. Des prêts de Cleveland, Munich, Cologne, Berlin, Rome et New York permettent de réinscrire pour la première fois le présent d’Henri II dans son contexte. Associés à d’autres pièces prestigieuses, ils dévoilent aussi le mécénat des souverains ottoniens, qui commandaient des reliures de manuscrits somptueuses et s’assuraient une gloire éternelle grâce à leurs dons. Les présents en or d’Henri II et de sa femme Cunégonde ont donné lieu à un culte du couple impérial et ont marqué Bâle de maintes manières.

Un catalogue scientifique et richement illustré paraît en allemand à l’occasion de l’exposition : Gold & Ruhm – Kunst und Macht unter Kaiser Heinrich II., Hirmer Verlag, Munich.

Kunstmuseum Basel | Neubau, St. Alban-Graben 20, 4052 Bâle

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