Rodin La petite ombre 1880 Suzanne Valadon Kunstmuseum Basel ©VB
Rodin La petite ombre 1880 Suzanne Valadon La Grenouille 1910 Kunstmuseum Basel ©VB

Exposition Picasso, Chagall, Jawlensky. Chefs-d’œuvre de la collection Im Obersteg jusqu’au 24 mai 2020

Vernissage vendredi 21 février 2020 18h30
Visites guidées en Français : dimanches 23.2/ 22.3/ 26.4/ 24.5/  de 14h à 15h

L’exposition Picasso, Chagall, Jawlensky , troisième exposition d’ensemble de la Collection Im Obersteg , présentée au Kunstmuseum Basel | Neubau au printemps 2020 dresse le portrait de la Collection Im Obersteg en dialogue avec des œuvres choisies du Kunstmuseum Basel et plusieurs prêts internationaux.

La collection privée bâloise de Karl Im Obersteg (1883–1969), en prêt permanent au Kunstmuseum depuis 2004, a vu le jour principalement dans la première moitié du XXe siècle, en particulier durant l’entre-deux guerres . Nombre des oeuvres acquises par Im Obersteg  comme celles de Rouault , Modigliani , Buffet, le furent à Paris . Des chefs-d’œuvre de Pablo Picasso, mais aussi les célèbres portraits de Juifs réalisés par Marc Chagall en 1914, l’abondant ensemble d’œuvres d’Alexej Jawlensky composé de trente peintures, ainsi que sept peintures saisissantes de Chaïm Soutine et des œuvres de nombreux autres artistes de la Collection Im Obersteg sont complétés en situation par des œuvres du Kunstmuseum au sein de l’exposition. Des liens étroits apparaissent ainsi entre la collection privée et publique visant à renforcer la teneur de l’ensemble, comme dans le cas de Picasso, et à rendre manifeste la portée des œuvres de la collection privée dans un contexte plus large. L’accrochage  au Kunstmuseum suit une logique thématique non chronologique .

Ce rapport entre les collections résulte du rôle joué, à cette époque décisive, par Karl Im Obersteg dans la politique de collection du Kunstmuseum en tant que membre de la commission d’acquisition, ce qui a conduit à former des parallèles avec sa collection privée. En 1939, il accompagne par exemple le nouveau directeur du musée, Georg Schmidt, à la vente aux enchères d’art dégénéré organisée à Lucerne au cours de laquelle ils font l’acquisition d’œuvres d’art moderne de première importance pour la Öffentliche Kunstsammlung Basel. Il n’y effectue aucune acquisition à titre privé.

Les Arlequins Picasso 1923 Coll privée Succession Picasso Kunstmuseum Basel ©VB
Les Arlequins Picasso 1923 Coll privée Succession Picasso Kunstmuseum Basel ©VB

De prestigieux prêts

Une sélection de prêts d’œuvres met l’accent sur les thèmes principaux de l’exposition Picasso, Chagall, Jawlensky. Il s’agit là essentiellement d’œuvres ayant fait partie autrefois de la Collection Im Obersteg ou entretenant un rapport essentiel avec celle-ci. Arlequin assis (1923), portrait monumental de Picasso représentant Jacinto Salvado en costume d’arlequin, fut de longues années durant la pièce maîtresse de la Collection Im Obersteg jusqu’à ce qu’il soit vendu après le décès de Karl Im Obersteg en 1969. Pour la première fois depuis cinquante ans, il est à nouveau possible d’admirer ce chef-d’œuvre, figurant désormais au sein d’une collection privée, dans le contexte de la Collection Im Obersteg, en compagnie de son frère jumeau, l’Arlequin assis de Bâle réalisé la même année.

Une réplique de l’œuvre Le Juif en noir et blanc de Marc Chagall, dont la version initiale figure au sein de la Collection Im Obersteg, est présente au titre d’un autre prêt d’œuvre. La réplique, qui se trouve aujourd’hui au Palazzo Ca’Pesaro à Venise, a été peinte par l’artiste vers 1923 à Paris. Ce rapprochement est complété et recontextualisé à travers une correspondance provenant des archives de la Fondation Im Obersteg entre Karl Im Obersteg, Marc Chagall et le collectionneur Alexandre Kagan-Chabchay qui aborde la problématique et l’importance des répliques dans l’art de Chagall.

Un troisième prêt entretenant un rapport direct avec la collection est Gelehrter mit Mädchen (1919, aujourd’hui au Museum Kunst Palast de Düsseldorf), une peinture d’Emil Nolde figurant également jadis dans la collection.

Les cessions d’œuvres d’une telle importance pourraient avoir pour devise « Vérifiez tout, retenez ce qui est bon » comme l’écrit Karl Im Obersteg en 1952 dans l’un de ses albums de collection qu’il offre à son fils Jürg pour ses 38 ans. Il consentait à se séparer d’œuvres pour affiner le profil de la collection ou si les contraintes spatiales de sa maison l’exigeaient. L’exemple le plus éloquent fut l’échange de La noce de Marc Chagall (1911, aujourd’hui au Musée national d’art moderne / Centre Pompidou, Paris) contre Le Juif en vert (1914) en 1935. Dès l’année suivante, cet échange s’avéra favorable puisque l’occasion d’acquérir d’une collection privée les deux tableaux jumeaux, Le Juif en noir et blanc et Le Juif en rouge, se présenta.

Tapies1957 Buffet 1951 Kunstmuseum Basel ©VB
Tapies1957 Buffet 1951 Kunstmuseum Basel ©VB

Collectionner à titre privé

En plus d’apporter un éclairage sur le contexte de la collection, l’exposition s’attache à faire découvrir au public la vie de Karl et Marianne Im Obersteg-Buess. Des photographies anciennes des œuvres dans les différents logements occupés par la famille Im Obersteg donnent une image vivante du cadre de vie de ce couple de collectionneurs. Telle l’expression d’une trajectoire individuelle, la collection témoigne de l’évolution d’un enthousiasme, d’une passion et d’inclinations esthétiques. La stratégie de Karl Im Obersteg consistait à s’entourer d’œuvres d’art qui suscitaient son enthousiasme et constituaient un défi. Il n’avait pas l’intention de décorer joliment ses murs, mais il était fasciné par le pouvoir transformateur de l’art, par sa force expressive résultant de l’acte de création spontané.

Ce transporteur de métier consacra une grande partie de sa vie à étudier l’art. Fort bien documenté, il était particulièrement informé sur de potentiels chefs-d’œuvre dont il fit très tôt l’acquisition. Avide de découvertes, il allait par ailleurs à la rencontre d’artistes alors méconnus, à l’instar de Chaïm Soutine. Cette confrontation de plus de cinquante ans avec l’art a donné naissance à une collection mêlant goûts personnels et renommée internationale.

L’exposition propose également un aperçu des activités de Karl Im Obersteg durant les deux guerres mondiales en faveur de la Croix-Rouge internationale et des Alliés aux côtés desquels il se tenait en tant qu’anglophile et francophile.  Durant la Première Guerre Mondiale , Karl Im Obersteg  s’est impliqué dans l’humanitaire pour le Comité de Rapatriement dont il est l’un des fondateurs. Grâce à ses nombreuses relations à l’international dans les domaines de l’art, de la société et de la politique, ce fin diplomate devint un conseiller chevronné doté de compétences recherchées par les particuliers et les entreprises.

Chaïm Soutine La jeune anglaise en bleu 1931 Kunstmuseum Basel ©VB
Chaïm Soutine La jeune anglaise en bleu 1931 Kunstmuseum Basel ©VB

Karl Im Obersteg l’ami des artistes 

Robert Genin l’appelait  » Notre Suisse à tout faire  » tant il a déployé d’intelligence à aider les artistes en situation difficile , notamment les russes exilés d’Allemagne en utilisant son vaste réseau de contacts. Même après son retour en Allemagne en 1921 et la diffamation croissante de l’art moderne par le régime nazi dès 1933, Jawlenski put compter sur son ami bâlois qui organisa pour lui des expositions et lui trouva des acheteurs en Suisse.

Au siècle dernier , pour la grande majorité des collectionneurs internationaux et des mécènes , Paris a été la métropole de l’art par excellence où l’on pouvait rencontrer la fine fleur de la jeunesse intellectuelle et artistique incluant aussi bien les artistes que les écrivains, les philosophes ou les musiciens . Im Obersteg y rencontra le marchand d’art Paul Guillaume dont la collection constitue aujourd’hui la base du Musée de l’Orangerie. Les artistes exposés par ce dernier dans sa galerie se sont tous retrouvés dans la collection Im Obersteg.

Karl Im Obersteg compta parmi les premiers collectionneurs de Marc Chagall en Europe occidentale. Dans son salon , il combina l’ensemble de ces acquisitions avec des sculptures de madones médiévales , créant ainsi un espace de dévotion privé entouré de peintures contemporaines. Les oeuvres de Chagall présentées au Kunstmuseum  doivent leur existence à son ancien directeur Georg Schmidt. Grâce à Franz Meyer , à son tour directeur du Kunstmuseum et gendre de l’artiste , les relations entre Bâle et Chagall se poursuivirent avec la famille.

Après s’être interessé au peintre Bernard Buffet au point d’acquerir une trentaine de ses toiles dont 24 occupent sa collection , Karl im Obersteg se tourna dès 1954 vers l’art conceptuel de Tapiès ou Clavé puis à l’art brut de Dubuffet 

 

Maillol1910 11 Printemps Kunstmuseum Basel ©VB
Maillol1910 11 Printemps Kunstmuseum Basel ©VB

Karl Im Obersteg : Une vie dédiée à l’art

Le marchand Karl Im Obersteg possédait une entreprise de transport à Bâle. Pour lui, le métier et la vocation de collectionneur allaient de soi. Son père dirigeait lui-même une société de transport spécialisée dans l’expatriation aux États-Unis. Ce dernier s’y rendit à maintes reprises et y fit l’acquisition d’objets ethnographiques qu’il réunit en une collection installée sous les combles de sa maison natale à Boltigen (dans la vallée du Simmental) et qu’il rendit accessible aux visiteurs intéressés. Karl Im Obersteg tient de son père son intérêt pour le patrimoine culturel ainsi que pour les activités de collection et de conservation, en revanche lui s’est consacré à l’art de son époque. Son activité professionnelle l’a mené dans différentes métropoles européennes. Figurant naguère parmi les capitales culturelles de premier plan, Paris constitua pour lui un important point de repère et une source pour l’art qu’il appréciait.

La Collection Im Obersteg se trouve au Kunstmuseum Basel depuis 2004 en tant que prêt permanent de la Fondation Im Obersteg. Elle compte aujourd’hui environ 260 œuvres – des peintures, des travaux sur papier et des sculptures. Cette collection privée d’art moderne unique en Suisse a déjà été exposée dans sa totalité à Bâle à deux reprises, la dernière fois en 2011 sous l’angle des amitiés artistiques et des correspondances. La troisième exposition d’ensemble de la Collection au Kunstmuseum Basel réunira une centaine de peintures, travaux sur papier et sculptures de la Collection Im Obersteg et quelque quarante œuvres de la collection du Kunstmuseum Basel ainsi que plusieurs prêts.   

Deux des trois Arlequins peints par Picasso en 1923 sont à voir au Kunstmuseum , côte à côte  pour la première fois . En 1916 , c’est Jean Cocteau qui offre à Picasso un costume d’arlequin dasn l’espoir que celui-ci fasse son portraît vêtu de la sorte mais Picasso choisit finalement d’utiliser son ami peintre Jacinto Salvado comme modèle.

Dans le cadre de l’exposition paraît le guide de la collection Picasso, Chagall, Jawlensky. Die Sammlung Im Obersteg édité par la Fondation Im Obersteg avec des descriptions d’œuvres et des anecdotes autour de la collection et du collectionneur Karl Im Obersteg.       

Kunstmuseum Basel

Maurice Utrillo L'Eglise Saint-Séverin Paris 1925 Kunstmuseum©VB
Maurice Utrillo L'Eglise Saint-Séverin Paris 1925 Kunstmuseum©VB
Jawlensky child 1909 Kunstmuseum Basel ©VB
Jawlensky child 1909 Kunstmuseum Basel ©VB
Kiki de MontparnasseLes Lavandières 1927 Kunstmuseum ©VB
Kiki de MontparnasseLes Lavandières 1927 Kunstmuseum ©VB
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