Stanislaw Zagajewski Collection d'Art Brut Lausanne Photo VB
Stanislaw Zagajewski Collection d'Art Brut Lausanne©VB

Collection de l’Art Brut  de Lausanne : à  la marge et au coeur de la ville 

Les auteurs d’Art Brut comptent parmi eux des pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, des détenus qui n’ont que faire de  la critique du public ni du regard d’autrui. La notion d’Art Brut repose ainsi sur des caractéristiques sociales et des particularités esthétiques. 

« Pas d’art sans ivresse. Mais alors : ivresse folle ! que la raison bascule ! délire ! » Jean Dubuffet. 

 SARAH LOMBARDI Directrice du musée depuis 2013 présente la COLLECTION DE L’ART BRUT

En 1945, Jean Dubuffet établit l’expression « Art Brut » pour désigner des productions dont les auteurs sont des personnes autodidactes, qui créent hors de tout cadre institutionnel, et en dehors de toutes règles et de toutes considérations artistiques. Il s’agit essentiellement de solitaires, de marginaux et de pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, comme Aloïse (1886- 1964), Adolf Wölfli (1864-1930) ou encore Heinrich Anton Müller (1865-1930). 

Jean Dubuffet visite différents hôpitaux, lieux d’exclusion par excellence, lors de son premier voyage en Suisse, en 1945, ainsi que plusieurs collections d’art asilaire. Au même moment, alors qu’il cherche à définir ce qu’est l’Art Brut et à identifier ses caractéristiques, il précise qu’il ne s’agit pas d’un « art des fous », mais d’un art produit par des personnes étrangères aux milieux artistiques qui s’en écartent délibérément. Il élargit par la suite son champ d’investigation, en se rendant notamment dans des prisons ; il intègre alors par exemple à sa collection les sculptures en mie de pain de Joseph Giavarini (1877-1934), dit le Prisonnier de Bâle. 

Chez tous les auteurs d’Art Brut, la création relève d’une nécessité et s’inscrit dans la vie de tous les jours, rendant la frontière entre l’art et la vie extrêmement ténue. Le besoin de créer se manifeste pour certains suite à une révélation, à des visions, à une rencontre propice ou à une simple occasion, comme chez Eugenio Santoro (1920-2006), qui réalisa son premier dessin pour le centenaire de l’usine de chocolat où il était employé. Parfois, il se déclenche en réponse à un événement douloureux de l’existence : la mort, l’exil, la maladie ou la guerre. 

 Jean Dubuffet s’est donné pour mission de collectionner et de conserver ces productions durant près de trente ans. Il a ainsi poursuivi le travail entamé avant lui par quelques médecins avertis, notamment Walter Morgenthaler, Hans Prinzhorn et Hans Steck, ou encore les surréalistes. En s’intéressant à des œuvres constituant une véritable alternative à la culture dominante qu’il jugeait « asphyxiante »  il a élargi les frontières de l’art, comme l’ont fait certains avant lui : Pablo Picasso avec l’art africain, Paul Klee avec les dessins d’enfants.

À travers les productions d’Art Brut, Dubuffet souhaitait  provoquer un renversement des valeurs culturelles, comme l’atteste son texte pamphlétaire « L’Art Brut préféré aux arts culturels », publié en 1949. Pour y parvenir, il fallait, selon lui, développer l’intérêt et le goût pour ces productions excentriques, sauvages et affranchies des normes et des codes établis.

 La donation de la collection de Jean Dubuffet à la Ville de Lausanne a été réalisée en 1971. La Collection de l’Art Brut regroupe aujourd’hui plus de 60 000 œuvres – elle en comptait près de 5 000 lors de son inauguration –, et accueille en moyenne 40 000 visiteurs chaque année. 

On peut s’étonner de la décision qu’a prise Dubuffet de léguer sa collection à une instance publique de type muséal, afin d’en assurer la préservation et de la rendre accessible au public, alors même qu’il voyait en l’Art Brut et ses représentants l’expression d’une « non-culture » située à l’opposé de l’art homologué des musées. Mais il semble y avoir songé depuis toujours. Cette option était nécessaire pour assurer un avenir à sa collection : d’une part elle garantissait sa cohésion et son unité après sa mort, d’autre part elle la soustrayait définitivement au marché de l’art ; la future institution se devant d’être publique et la collection inaliénable. 

Sarah Lombardi, extrait de la préface de Collection de l’Art Brut, Paris, Skira Flammarion, 2012 

JEAN DUBUFFET ET LA COLLECTION DE L’ART BRUT 

« L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle ». Jean Dubuffet 

Le peintre français Jean Dubuffet (1901-1985) constitue dès 1945 une collection d’Art Brut, un concept qu’il invente et définit à cette date. En 1971, il fait don de sa collection à la Ville de Lausanne : 5’000 œuvres, 133 créateurs. La Collection de l’Art Brut est ouverte au public en 1976. Référence internationale dans son domaine, continuatrice de l’œuvre de Jean Dubuffet, la Collection de l’Art Brut contribue au rayonnement de la Ville de Lausanne et du Canton de Vaud en Suisse et à l’étranger.

Première au monde,  la Collection de l’Art Brut a œuvré intensément pour la reconnaissance de l’Art Brut : près de 100 expositions réalisées, 56 catalogues ou monographies publiées, 7 courts-métrages produits. De l’Inde à la Chine en passant par l’Afrique, ou de nombreux autres pays, ces œuvres n’ont de cesse de réinterroger les paradigmes de cette création franche en confirmant l’intuition initiale de Jean Dubuffet. 

Définition de l’Art Brut par Jean Dubuffet

« Nous entendons par là [Art Brut] des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. » 

Jean Dubuffet, tiré de L’Art Brut préféré aux arts culturels, Paris, Galerie René Drouin, 1949. 

Trois auteurs trois histoires dans la collection permanente  

ALOÏSE (1886-1964), Suisse 

Aloïse, de son nom Aloïse Corbaz, est née à Lausanne, en Suisse. Elle est couturière mais rêve de devenir cantatrice. Elle occupe ensuite un poste de gouvernante à Potsdam, à la cour de Guillaume II. Elle s’éprend de l’empereur, vivant une passion amoureuse imaginaire. La déclaration de la guerre l’oblige à rentrer en Suisse. Aloïse manifeste alors des sentiments religieux avec tant d’exaltation qu’elle est internée en 1918 à l’asile de Cery-sur-Lausanne, puis à l’asile de La Rosière, à Gimel-sur-Morges. 

Jusqu’en 1936, elle travaille en cachette, utilisant mine de plomb et encre. Elle se sert aussi de suc de pétales, de feuilles écrasées et de pâte dentifrice. Son support d’expression est du papier d’emballage cousu avec du fil, ou des enveloppes, des morceaux de carton et des revers de calendrier. Aloïse est l’auteur d’une cosmogonie personnelle peuplée de princes, princesses et d’héroïnes historiques. Le thème du couple amoureux, ainsi que sa passion pour le théâtre et l’opéra, prédominent dans son œuvre. 

MADGE GILL (1882-1961), ANGLETERRE 

Madge Gill est née dans la banlieue de Londres, en Angleterre. Elle est élevée par sa mère et sa tante, puis placée dans un orphelinat, avant de rejoindre le Canada où elle est employée comme servante dans une ferme. Elle revient à Londres à l’âge de dix-neuf ans. Vers 1903, elle est initiée au spiritisme et à l’astrologie par sa tante. Quatre ans plus tard, elle se marie et donne naissance à trois fils, dont un enfant mort-né. Son deuxième enfant est emporté par l’épidémie de grippe espagnole, en 1918. Madge Gill tombe alors gravement malade et perd l’usage de son œil gauche. 

Un an après ce deuil, elle se met à dessiner, écrire et broder, créant une robe d’une grande finesse. Guidée par un esprit qu’elle surnomme « Myrninerest » – que l’on pourrait traduire par « mon repos intérieur » (My Inner Rest) –, Madge Gill travaille debout, la nuit, à la lumière d’une lampe à huile. Elle utilise comme support du carton ou du calicot et trace de manière obsessionnelle, à l’encre de Chine ou au stylo bille, un visage féminin coiffé d’un chapeau qu’elle inscrit dans des décors constitués d’architectures imaginaires. 

Augustin Lesage (1876-1954), France 

Augustin Lesage est né à Saint-Pierre-les-Auchel, dans le Pas-de-Calais, en France. Issu d’une famille de mineurs, il exerce à son tour ce métier. À l’âge de trente-cinq ans, il entend une voix dans la mine qui lui prédit qu’il sera un jour peintre. Dès lors, il se met à réaliser des dessins « dictés » par les défunts, notamment par sa petite sœur, décédée à l’âge de trois ans. Augustin Lesage se livre par la suite à la peinture, réalisant une première toile de 9 mètres carrés qui l’occupe de 1912 à 1913. Il se consacre exclusivement à son art jusqu’à sa mort.

LE CHÂTEAU DE BEAULIEU abrite la Collection de l’Art Brut 

Le Château de Beaulieu est une demeure patricienne du 18ème siècle, propriété de la Ville de Lausanne. Tout en logeant au Château pendant deux générations, la famille Mingard loue les autres appartements. Ainsi, des hôtes fameux y ont séjourné : Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI, sa femme, Suzanne, née Curchod, et leur fille Germaine, future Mme de Staël, le duc de Belluno, maréchal de Napoléon, l’historien Jules Michelet, entre autres. 

En 2013, plusieurs expositions d’Art Brut ont été organisées dans d’autres lieux prestigieux:  À Londres, la Galerie Hayward a présenté The Alternative Guide to the Universe et la Wellcome Collection l’art brut du Japon. 

À Berlin, le Hamburger Bahnhof Museum a organisé les séries secret Universe ainsi qu’une exposition par le visionnaire Hilma af Klint, un Pionnier de l’Abstraction. 

En 2013, le thème de la 55ème Biennale de Venise reposait sur le Palais Encyclopédique de Marino Auriti .

Collection de l’Art Brut Lausanne 

Chicago Calling prolongée jusqu’au 1er novembre 2020

Sarah Lombardi, directrice et co-commissaire de l’exposition

 La Collection de l’Art Brut accueille l’exposition Chicago Calling, après sa présentation en 2019 à lntuit, The Center for intuitive and Outsider Art, à Chicago, à la Halle Saint-Pierre, à Paris, et au Kunsthaus de Kaufbeuren, en Allemagne.

De toutes les grandes villes d’Amérique, Chicago est celle qui a le plus fait preuve d’indépendance artistique. Dès les années 1940, alors que la scène new-yorkaise se tourne vers l’expressionnisme abstrait, les milieux artistiques de Chicago s’orientent non seulement vers l’expressionisme allemand et le surréalisme, mais aussi vers l’art primitif et l’Art Brut. Leur intérêt pour ce dernier se nourrit notamment de la lecture des écrits du psychiatre allemand Hans Prinzhorn et de l’artiste français Jean Dubuffet, à l’origine du concept d’Art Brut.

En 1951, à l’occasion de la première rétrospective de son oeuvre à Chicago, Dubuffet prononce sa célèbre conférence Anticultural Positions à l’Arts Club, suscitant beaucoup d’enthousiasme auprès d’artistes, de collectionneurs et d’amateurs avertis. Durant cette même année, il confie à son ami le peintre Alfonso Ossorio, qui réside à East Hampton, près de New York, sa collection d’oeuvres d’Art Brut. Entreposée et présentée dans sa vaste demeure durant 10 ans, elle sera vue par des personnes influentes du milieu de l’art à New York, dont les peintres Jackson Pollock, Willem de Kooning, Robert Motherwell et Clyfford Still.

Dans les années 1960, un groupe d’artistes connu sous le nom d’« Imagistes de Chicago », parmi lesquels Roger Brown, Jim Nutt et Gladys Nilsson, commence à collectionner des oeuvres situées en dehors du champ officiel de l’art. L’Art Brut et l’Outsider Art vont dès lors s’imposer rapidement aux collectionneurs, marchands et conservateurs de Chicago, favorisant la fondation, en 1991, de lntuit, un centre consacré à l’Outsider Art et à l’Art Brut aux États-Unis.

En Europe, la Collection de l’Art Brut, inaugurée en 1976, et héritière de la collection historique de Dubuffet, est la première institution muséale publique à présenter des oeuvres d’Art Brut. À partir de 1987, elle expose régulièrement un important corpus d’oeuvres de Henry Darger, auteur originaire de Chicago, dont elle possède des pièces grâce à une donation exceptionnelle de la veuve de Nathan Lerner. Ce photographe qui était le logeur de Darger a, avec l’aide de son épouse Kiyoko Lerner, permis la sauvegarde de cette production magistrale.

Chicago Calling nous offre donc l’opportunité de découvrir ou redécouvrir cet auteur qui figure parmi les plus célèbres représentants de l’Art Brut aux États-Unis, aux côtés de cinq autres créateurs autodidactes également natifs de Chicago : Lee Godie, Mr. Imagination, Pauline Simon, Wesley Willis et Joseph E. Yoakum. Leurs oeuvres proviennent d’Intuit et de collections privées américaines mais aussi, pour ce qui concerne Darger, du fonds de la Collection de l’Art Brut.

La présentation à la Collection de l’Art Brut regroupe des oeuvres sélectionnées par Sarah Lombardi, issues de l’exposition conçue par les commissaires Kenneth C. Burkhart et Lisa Stone, et organisée par Intuit, The Center for intuitive and Outsider Art.

Henry Darger (1892-1973)Collection d'Art Brut Lausanne juin 2020 Photo VB
Henry Darger (1892-1973)Collection d'Art Brut Lausanne juin 2020 ©VB

BIOGRAPHIE HENRY DARGER (1892-1973) 


Né à Chicago, Henry Darger n’a que quatre ans lorsque sa mère meurt en mettant au monde sa petite soeur, immédiatement confiée à une autre famille. Il ne la reverra jamais. A sept ans, son père l’envoie dans un foyer où règnent violence et brimades. Il est ensuite placé dans une institution pour handicapés mentaux à Lincoln, dont il s’enfuit à l’âge de dix-sept ans, après avoir appris le décès de son père. Il revient alors à Chicago où il loue une chambre, et travaille comme plongeur et nettoyeur dans plusieurs hôpitaux de la ville jusqu’à sa retraite en 1963. Témoin en 1913 de la destruction d’une ville de l’Illinois par une tornade, il est fasciné par les phénomènes météorologiques. Il les scrute jour après jour, s’intéresse aux prévisions, et aime aller voir les incendies. Catholique pratiquant, Henry Darger assiste à la messe plusieurs fois par jour. Il mène une vie solitaire, recluse et discrète.
A sa mort, son logeur, le photographe Nathan Lerner, découvre une autobiographie de deux mille pages, ainsi qu’une oeuvre littéraire dactylographiée de plus de quinze mille feuillets intitulée In the Realms of the Unreal (« Dans les Royaumes de l’Irréel »). Ces écrits sont accompagnés de plusieurs centaines d’aquarelles, sortes de panoramas recto verso de très grands formats. Le récit épique relate la confrontation des forces du bien et du mal dans le royaume d’Abbieannia, théâtre de spectaculaires scènes de batailles. On y voit notamment les sept « Vivian Girls», héroïnes dotées d’un sexe masculin, s’opposer aux barbares, les « Glandéliniens ». L’oeuvre colossale, qui a occupé Darger pendant plus de soixante ans, a été réalisée à la tombée de la nuit, dans l’intimité de sa chambre.

Henry Darger accumule chez lui toutes sortes d’objets : des journaux, des magazines et des images religieuses qui lui servent de source pour ses travaux graphiques, mais également des chaussures, des bouteilles vides, des ficelles… Ses compositions s’inspirent aussi d’albums de coloriage, des comics américains et de la littérature enfantine du début du XXe siècle. Elles relèvent à la fois des techniques du collage, du décalque et du dessin à l’aquarelle.

Guy Brunet Collection d'Art Brut Lausanne juin 2020 ©VB

4ÈME BIENNALE DE L’ART BRUT : THÉÂTRES exposition prolongée jusqu’au 30 aout 2020

Commissariat : Pascale Jeanneret, conservatrice à la Collection de l’Art Brut

La IVe biennale de l’Art Brut invite le public à poursuivre sa découverte des riches fonds du musée lausannois en révélant la présence du théâtre dans l’Art Brut. Les oeuvres des 28 auteurs sélectionnés sont aussi bien des costumes, sculptures, dessins, peintures, photographies ou découpages. Elles décrivent des univers théâtraux, qui peuvent être parfois formels, comme chez Victorien Sardou, mais aussi contextuels, comme dans le cas d’Helga Goetze

Les auteurs  se lancent dans des « performances » intuitives. Giovanni Battista Podestà, Vahan Poladian, Dunya Hirschter ou encore Martial Richoz mêlent espace théâtral et espace public. Ils utilisent leur propre corps comme outil d’expression et se parent de tenues et d’accessoires fabriqués par leurs soins. 

Cette quatrième édition des biennales permet aussi d’appréhender certains auteurs déjà bien connus du public, tels qu’Aloïse Corbaz, Adolf Wölfli ou Eugen Gabritschevsky, à travers une approche inédite. Auteurs et metteurs en scène de leurs univers, ces créateurs définissent le contexte, les personnages, les caractères, les mouvements, le décor, la lumière et le jeu théâtral dans leurs oeuvres. 

Si le théâtre est présent dans l’Art Brut par de multiples facettes, comme le montrent les oeuvres de cette exposition, la pratique artistique des auteurs d’Art Brut se confond avec leur quotidien. Aloïse Corbaz vit aux côtés des protagonistes imaginaires de ses dessins ; Guy Brunet considère ses figures en carton comme ses propres enfants et ne peut s’imaginer en être séparé ; Morton Bartlett crée une famille fantasmée sous la forme d’un théâtre de marionnettes intime qu’il protège farouchement des intrus.

Collection de l’Art Brut 

Collection de l'Art Brut Lausanne juin 2020 ©VB
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