La  Filature propose une exposition photographique dans le cadre du Focus Pologne :W i k t o r i a W o j c i e c h o W s k a et L u c a s  Ol i v e t du vendredi 13 sept. au dimanche 27 oct. 2019

Wiktoria Wojciechowska série Sparks (Étincelles)

La brigade aux neuf morts et huit blesses  Wiktoria Wojciechowska  Photo VB

La brigade aux neuf morts et huit blesses Wiktoria Wojciechowska ©VB

Le titre de la série photographique de Wiktoria Wojciechowska, Sparks (Étincelles), évoque les débris brûlants de missiles transperçant les murs des habitations mais aussi les éclats lumineux des explosions se reflétant sur les visages ou encore les flashes de mémoire et réminiscences douloureuses qui habitent l’esprit des victimes de la guerre en Ukraine -frontalière de la Pologne -encore en cours enclenchée en 2014 . D’après des estimations fournies par l’ONU nous sommes presque à 10 000 morts dans le Donbass depuis le début des affrontements .

Surtout, ce titre fait directement allusion à la forme choisie par Wiktoria Wojciechowska pour raconter cette guerre, une forme dispersée constituée de différents matériaux collectés : photographies, films et paroles, éclatés tels des fragments de bombes. La série Sparks se veut ainsi le portrait multidimensionnel d’une guerre dont on ne parle plus ou peu.

Au cœur de la série s’imposent 11 portraits de jeunes soldats dont Wiktoria Wojciechowska a voulu mettre en

 Wiktoria Wojciechowska Sparks  Photo VB

Wiktoria Wojciechowska Sparks ©VB

lumière le manque d’expérience, la fragilité et la transformation par la guerre. Non-professionnels, ces soldats, guidés par leur seule conviction, ont quitté leur situation sociale antérieure – ils avaient tous un métier avant de s’engager – pour devenir simples humains face à la peur, face à des sentiments complexes et à des dangers auxquels ils n’étaient pas préparés. Loin d’une héroïsation de ces jeunes hommes, la photographe révèle à travers ses clichés sensibles leurs failles et leurs doutes.

D’autres images de la série montrent les ruines laissées par les combats, stigmates d’une guerre menée avec des armes modernes : ponts détruits, tranchée creusée dans un paysage désolé, façades criblées… Chaque photographie de la série témoigne du positionnement choisi par Wiktoria Wojciechowska pour rendre compte du conflit ukrainien : un angle qui ne soit pas celui du photojournalisme mais qui privilégie plutôt un regard oblique sur la guerre.

Coproduction Polish Modern Art Foundation and Srodmiescie District Warsaw.

Biographie : née en 1991 à Lublin en Pologne, Wiktoria Wojciechowska vit et travaille à Paris et Lublin. Diplômée de l’Académie des beaux-arts de Varsovie, Wiktoria Wojciechowska a obtenu en 2015 l’Oskar Barnack Leica Newcomer Award. Elle a également reçu de nombreux prix pour son projet Short Flashes, des portraits de cyclistes trempés dans les rues de métropoles chinoises. Entre 2014 et 2016, elle a travaillé sur la série Sparks, un portrait de la guerre contemporaine s’appuyant sur les histoires personnelles d’individus vivant au milieu du conflit en Ukraine. Cette série a reçu plusieurs prix, dont l’Art Griffin Space, le Lensculture Emerging Talent Awards, ou encore le prix pour la Photographie de la Fondation des Treilles. Son travail a notamment été présenté à Arles, Paris, Varsovie, Riga ou Beyrout. Ses photographies ont également fait l’objet de publication dans de nombreux magazines.

www.wiktoriawojciechowska.com

Lucas Olivet s é r i e  » k o p i e c B o na w e n t u r a « 

Lucas Olivet Kopiec Bonawentura Filature de Mulhouse  Photo VB

Lucas Olivet Kopiec Bonawentura Filature de Mulhouse ©VB

Le projet Kopiec Bonawentura puise son origine dans une citation d’Alfred Jarry tirée d’Ubu Roi : «Quant à l’action, elle se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part». Et si la Pologne existait en plusieurs lieux à la fois ? Lucas Olivet propose une réponse imaginaire et transnationale qu’il situe en Pologne et dans les terres d’exil de sa diaspora, communément appelées Polonia. Cette diversité de lieux dessine une cartographie mentale où les détails vivants et intimes du quotidien peuvent croiser la route du surnaturel. Pour cela, Lucas Olivet s’est laissé guider par une légende polonaise, celle d’Andrzej Tadeusz Bonawentura Kosciuszko. Les historiens l’appellent «le dernier chevalier» ou «le premier citoyen du monde». Son destin héroïque illustre la cause commune des nations sujettes aux déplacements de leurs frontières. Le titre de l’exposition, Kopiec Bonawentura, est emprunté au nom du tertre construit en sa mémoire sur les hauteurs de Cracovie.

Lucas Olivet Kopiec Pilsudskiego, 2017 (c) Lucas Olivet - courtesy Espace Jorg Brockmann

Lucas Olivet Kopiec Pilsudskiego, 2017 (c) Lucas Olivet – courtesy Espace Jorg Brockmann

Coll. Fonds cantonal d’art contemporain, Genève.

www.lucasolivet.ch

Biographie : né en 1985, Lucas Olivet vit et travaille à Genève. Diplômé de l’école de Photographie de Vevey, sa démarche explore les thèmes de la mémoire, de la perte et du désir à travers sa vie, mais aussi dans un contexte historique et culturel plus vaste. Représenté par le galeriste Jörg Brockmann, son travail a été publié et exposé internationalement, plus récemment aux Rencontres d’Arles, Paris Photo et Unseen Amsterdam. Lauréat d’un Swiss Photo Award en 2014 et 2016, du prix Fotofilmic (CA) 2014 entre autres récompenses, ses photographies appartiennent à différentes collections privées et publiques dont la Lambert Art Collection (LAC).

Kopiec Bonawentura est sa première monographie parue chez Kerber Verlag en 2018 en vente à La Filature . Cette série a été finaliste du Prix Dorothea Lange-Paul Taylor du Center for Documentary Studies de la Duke University en 2017. Medicine Tree est un projet inédit exposé pour la première fois cet automne à la Biennale de la Photographie à Genève.

 

Apérophoto mer. 2 oct. 19h15 visite guidée de l’expo + apéritif offert sur inscription 03 89 36 28 28

 

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