la Fondation Fernet-Branca propose l’exposition UN TOUT DE NATURE Juliette Jouannais et Jean Luc Tartarin  du 24 novembre 2019 au 16 février 2020

Vernissage samedi 23 novembre 2019 à 17h : inscription

Du 24 novembre 2019 au 16 février 2020, la Fondation Fernet-Branca présente les œuvres de Juliette Jouannais, peintre et sculpteur et Jean Luc Tartarin, photographe. Un tout de nature met en avant les relations que peuvent entretenir le dessin et le paysage dans la photographie qui vient interroger la peinture. Mais aussi lorsque nous retrouvons dans la peinture des éléments qui relèvent de la sculpture et du dessin. C’est une interactivité des techniques pour donner corps à l’œuvre. L’autre point commun est l’espace. Celui de la nature, objet d’immensité, mais dont l’artiste ne montre qu’une parcelle et qui suffit à imaginer les plis du monde et sa totalité.

Pierre-Jean Sugier, directeur de la Fondation Fernet-Branca

Jean-Luc Tartarin : un tout de nature … à nous faire rêver

Jean-Luc Tartarin Fondation Fernet-Branca Saint-Louis Photo VB
Jean-Luc Tartarin Fondation Fernet-Branca Saint-Louis ©VB

Jean Luc Tartarin est né à Metz  (pas à Tarascon !) en 1951. Il y est resté pour y vivre et y travailler. Autodidacte, il reçoit le Prix Niepce à 20 ans en 1971, en présentant un ensemble d’images en noir et blanc . En 1972 à l’école des Beaux-Arts de Metz, il devient le premier professeur de photographie dans une école d’art en France. Fonction qu’il a occupée jusqu’en 2013.  Jean-Luc Tartarin est un artiste reconnu qui a exposé entre autre au Centre Pompidou de Metz .

La possibilité d’une oeuvre picturale: il y a deux éléments déterminants dans le travail de Jean-Luc Tartarin : la maîtrise technique de la photographie argentique à laquelle il reste fidèle et l’amour de la nature , de la forêt , des arbres en particulier , ceux qui entourent sa maison dans les environs de Metz , là où il cultive ses roses anciennes et ses pivoines lorsqu’il ne part pas en vadrouille à la recherche de ses amis des bois . Jean-Luc Tartarin est inventeur . C’est en jouant , volontairement ou non , à la façon d’un Jackson Pollock découvrant l’esthetisme du tachisme , avec les dérèglements techniques de ses prises de vue qu’il révèle mille secrets  blottis entre écorce , feuillage et branchage , parfois même , un personnage se perd , promeneur solitaire que l’on s’amuse à débusquer ( je vous en laisse le loisir ) . La surprise vient du jeu autorisé par l’utilisation des matèriaux nécessaires au développement argentique qui glissent délicatement la perception de l’oeuvre photographique vers l’oeuvre picturale . La référence aux peintres de Barbizon  en forêt de Fontainebleau est patente .

L’ambivalence du modèle : L’artiste messin fige dans son objectif  les petits riens d’une forêt simultanément enchanteresse et inquiétante , un monde sans cesse en mouvement  pourtant ancré à jamais dans dans les tiroirs de notre enfance , aux temps lointains de l’émerveillement simple . Tout cela tient du miracle , celui de la technique bien sur , mais aussi celui de la façon à nulle autre pareille dont l’artiste exploite et triture son travail de retour de son immense atelier , les bois de Moselle et leurs infinis méandres , parcours gracieux entre ombre et lumière . Certes, l’oeuvre du photographe accroche le regard par la technique ancienne de l’argentique , l’art de détecter l’instant favorable ,  mais le post-traitement digital qu’il réserve à ses clichés est bien lisible au présent , là où le bruit numérique et les artefacts des pixels, dont les couleurs, générées sur un mode aléatoire, sont en mutation, créent une matière picturale rythmée par l’accumulation des couches qui s’agglomèrent.

La Fondation Fernet-Branca présente un ensemble inédit de grandes pièces couleur des séries Entre(s) 2004- 2016 et Re-prendre, 2017-2019 et en contrepoint, un choix de pièces anciennes, épreuves argentiques noir et blanc, extraites d’Arbres 1983- 1988 .

Juliette Jouannais ou la danse des couleurs saturées

Juliette Jouannais Fondation Fernet-Branca Saint-Louis Photo VB
Juliette Jouannais Fondation Fernet-Branca Saint-Louis ©VB

Préparez-vous ! Rencontrer le travail de Juliette Jouannais , c’est partir loin , très loin , à moins que ce ne soit tout près , là , en un voyage immobile , guidé par des enchevêtrements de couleurs jetés sur différents supports , du PVC à l’acier émaillé  en passant par la faïence dans une parfaite maîtrise de l’équilibre des éléments , acquise originellement grâce à une pratique picturale d’après nature . Juliette Jouannais dit n’avoir pas de véritable formation académique mais le fait d’avoir un père architecte et une mère peintre a sans doute fortement influé sur ses orientations artistiques et une certaine obsession de la construction dans l’oeuvre ( avoir eu César comme prof est peut-être aussi un peu intervenu ). Juliette Jouannais nous donne quelques clés : l’utilisation d’un vocabulaire organique en guise d’interprétation de son oeuvre qui éloigne quelque peu de l’abstraction . Parfois le croquis précède la sculpture mais le plus souvent , c’est l’idée du mouvement qui inaugure l’oeuvre , une évocation de sa pratique de la danse , Juliette aimerait d’ailleurs faire des décors de théâtre – avis à bon entendeur- .

Juliette Jouannais a installé ses fragiles mobiles confectionnées précisément pour l’exposition Un tout de nature qui , dans l’ideal , doivent aboutir a une interprétation en metal plus appréciées par le public . Il faut laisser errer son regard car les oeuvres recèlent des surprises réjouissantes , un endroit-envers que vous ne pouvez soupçonner pour la bonne raison qu’elles ne sont pas  préméditées. »  la seule chose prévue dans le cahier des contraintes est la dimension ,  je cherche sans cesse des aplombs , une tension qui permette la suspension « . explique l’artiste.  Ce sont des mobiles qu’elle souhaite réaliser en métal à l’instar d’une commande faite par la ville de Lyon en acier émaillé  au Parc Gerland ,ou encore d’une crèche à Paris . Les couleurs souvent douces et chaleureuses , parfois des pigments purs obtenus au pastel sec,  crééent une atmosphère sereine et gaie évoquant des paysages  ,  un monde organique , végétal qui plait à l’artiste :  » bien sur ,  il y a des réminiscences  dans mon travail , comme les moments que je passe au bord de l’Yonne à la campagne , je nage , je navigue , l’eau est un élément très important pour moi  . Cependant , tout est de l’ordre de la sensation , je ne trouve pas de titre d’ailleurs même si je ne fais pas vraiment dans  l’abstraction. » .

L’indispensable légèreté des choses : mouvement , fluidité, rotondité, sont les qualificatifs qui conviennent aussi bien aux sculptures en PVC qu’aux tableaux à la gouache sur papier découpé ou encore aux céramiques , dont certaines, rapportées de son atelier en Bourgogne,  sont réalisées précisément pour l’exposition de la Fondation Fernet-Branca . «  Tout est une question d’équilibre et cette notion vient de ma formation de sculptrice . Je me sers de tout ce que j’ai appris en restant libre , sans trop de formalisme ; je dispose de repères que j’utilise à mon gré pour créér une oeuvre , exactement comme le ferait un musicien qui travaille avec des harmonies et des notes pour aboutir à une composition libre ». Quelques pièces de métal essaiment l’exposition pour un pur régal visuel comme cette sculpture bleue outremer , éditée seulement à 3 exemplaires , dans laquelle on aime à deviner les contours ombrés d’une ville imaginée , ou bien toute autre chose car l’interprétation de celui ou celle qui regarde doit rester aussi libre que celle de l’artiste, c’est une chose entendue.

Juliette Jouannais, née en 1958 est une artiste qui vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’ENSBA Paris en dessin et sculpture (atelier César étude de la statuaire) ; matières qu’elle enseigna ensuite à l’école d’art de Rueil Malmaison et où elle créa un atelier de céramique en 1986. Monographie parue en 2016 : Juliette Jouannais Oeuvres / Works Auteure Stephanie Katz . L’artiste est représentée par la galerie Exit .

Fondation Fernet-Branca

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